Au pays Massaï (Part I)

Après toutes ces exercices nous voici revenu en terres africaines et plus particulièrement en pays Massaï, au Kenya et pour être exact à Mombasa le grand port du pays.

Quelques années auparavant j’avais lu le livre intitulé « Au pied du mont Kilimandjaro » écrit par le premier président de ce pays, Jomo Kenyata. Tout d’abord cher lecteur il faut tordre le cou à une idée reçue. Le mont Kenya ne se trouve pas au Kenya mais en Tanzanie et les autochtones l’appellent le mont Uhuru.

Nous allions passer 5 jours au pays des guerriers éleveurs et une première déception allait fondre sur votre pauvre aventurier. La veille de l’arrivée, on nous proposa moyennant finances – à peu près cinq cents francs – de participer à un safari photos dans la savane pour une durée de quarante-huit heures. Malheureusement je n’avais plus assez d’argent sur le compte du bord pour à la fois y participer et subvenir aux besoins engendrés par les dépenses courantes d’une escale.

L’arrivée de la Jeanne, se déroula selon les formalités habituelles avec son lot de corvées. Je ne garde pas un très grand souvenir de cette escale. La ville était ordinaire, comme elles peuvent l’être en Afrique noire. Les routes étaient peu ou pas goudronnées et pleines de trous. Le plus souvent elles étaient recouvertes de latérite, une terre rouge carmin qui faisait des ravages sur les uniformes blancs de la Royale. Les maisons étaient petites, sales, faites souvent de tôles ondulées, particulièrement dans les quartiers pauvres. Seul le centre ville donnait à l’ensemble un aspect de ville sinon on aurait pu penser à un grand « bidonville ».

Cependant, l’arrivée de notre bâtiment fut une attraction pour la population locale. Il était de coutume, à l’arrivée de chaque escale, que le commandant du bord, donna, en l’honneur de ses hôtes, un cocktail à bord. Celui-ci se déroulait généralement sur le pont d’envol du navire, lequel avait été recouvert pour la circonstance d’une toile en forme d’auvent, le vélum. Se pressait à ses agapes, toute l’intelligentsia de la ville visitée. Il y avait là des ambassadeurs, des consuls, divers diplomates et attachés « culturels » ainsi que leurs épouses et enfants. Venaient aussi les autorités locales, les corps constitués ainsi que des industriels soit français soit proches des milieux de l’armement ou de la marine et de l’aéronavale.

L’on avait, parfois, bien que matelot, la possibilité d’assister à de telles réunions. Le plus souvent en qualité de serveur mais quelquefois en tant qu’invité. Cela se révélait le plus souvent ennuyeux mais jamais désagréable. Il y avait du champagne, du whisky et de nombreuses gâteries culinaires. Nous pouvions, à l’occasion de ces rencontres, lier relations avec des gens du cru et notamment avec de charmantes jeunes filles de « l’alliance française » ou de tout autre milieu « huppé ». Cela servait à trouver de bonnes adresses de sorties auxquelles nous pouvions nous rendre en charmante compagnie.

J’eus, pendant ces cinq jours d’escale, deux jours de service ce qui me permit de ne point trop dépenser et surtout de rester à l’abri de la chaleur torride de ces lieux. Je suis tout de même sorti tous les soirs et j’ai donc pu visiter la ville et ses quartiers de plaisirs. Il nous avait été recommandé de ne point trop exagérer avec les plaisirs de la chair car dans ces lieux régnaient en maître certaines maladies que l’on appelait, à cette époque, vénériennes. On dit maintenant vulgairement M.S.T. Il y avait la blennorragie « chtouille », la syphilis et son copain le chancre dit « mou ». Je me suis promené dans des endroits innommables, que je ne citerai donc pas et, ma foi, ma santé fut toujours préservée et comme l’on dit pour St Eloi « non, non, non, Surcouf n’est pas mort car il bande encore ».
Ce n’est pas très élégant je le concède mais ce genre de chanson s’entonnant toujours un verre à la main au moins cela désaltère.

Les kenyans étaient des gens charmants, diserts, engageant volontiers la conversation pour peu que l’on puisse parler un peu d’anglais correct, avec ou non une pointe d’accent. Le seul détail architectural dont je me souvienne était une immense paire de défenses d’éléphant trônant au-dessus de rue principale de la ville. Mombasa m’a rappelé par certains côtés, la ville d’Alexandrie. Etait-ce cette sensation diffuse due à l’ancienne présence anglaise en ces lieux ? Certainement.

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