Au pays Massaï (Part II)

Me revoila Ne crois pas que je t’avais oublié chez lecteur mais des contingences matérielles m’ont éloigné de ces lieux. Nous voici donc réuni mes chers frères…. et merde Val tu déteints sur moi Bref revenons à nos moutons ou mieux à nos Massaïs. de grandes et belles femmes noires, magnifiques bien qu’un peu plombées. Que voulez vous on ne peut pas tout avoir…

La nuit donc, en compagnie de collègues marins, nous écumions les endroits proches du port où les marins sont toujours les bienvenus. La journée au contraire, vêtus de propre, nous nous rendions dans les centres associatifs nombreux, comme il se doit dans un ancien dominion britannique, ce qui nous permettait de rencontrer de jeunes ressortissantes locales qui parlaient peu le français, car comme j’ai déjà pu vous l’exposer, ici au Kenya, la langue de Shakespeare était de rigueur.

Une aventure vint tout de même égayer cette escale. Elle fut le fait de François et de Sam, comme d’habitude. Ceux-ci ayant encore quelques fonds, louèrent un véhicule pour se rendre pendant deux jours dans un hôtel luxueux situé en brousse. D’après leurs propos, ils pouvaient là-bas, voir depuis le bar, où ils étaient confortablement installés dans la salle climatisée, les lions venir, au moment de l’apéritif, se désaltérer au marigot proche de là. Chacun chez soi et les zèbres seront bien gardés.

J’attendais leur retour au matin du troisième jour pour prendre la relève. Vers dix heures, alors que je commençais sérieusement à m’inquiéter, il fallut songer à préparer le service du midi lorsque je les vis arriver dans un état lamentable. Bien que portant l’uniforme blanc de rigueur, ils étaient rouges de la tête aux pieds. Que leur était-il donc arrivé ?

L’Afrique, comme je vous l’ai déjà mentionné, a bien mille visages, ses routes aussi. Celle empruntée par mes amis avait des ornières remplies d’eau. Naturellement leur voiture, comme toutes les voitures rencontrant de l’eau sous ses pneus, joua les coquettes et se mit à faire de l’aquaplanage (je préfèrerai toujours Molière à Shaekespeare). Aussitôt cette noble réalisation du génie humain, la voiture évidemment, dévia de sa trajectoire pour grimper le long d’un talus et se retrouver sur le toit telle une tortue chahutée par un chat. C’est une position délicate que la gente automobile n’apprécie guère et encore moins cette somptueuse limousine promenant mes amis, qui en cracha son pare-brise de mécontentement.  » Mais, où va-nous ? » Purent dire mes amis singeant Coluche.

Heureusement Sam et Fanfan n’eurent rien et purent une fois leur véhicule remis dans une position adéquate, reprendre leur route vers Mombasa. Mais…, la latérite s’empressa telle une aiguille près d’un aimant, de venir se coller sur le somptueux uniforme de la Royale que portaient noblement mes amis. Ce ne fut pas tout. Il leur fallut, avant de rentrer à bord, passer chez le loueur de voiture pour expliquer les circonstances de l’incident et après maintes palabres franco-britanniques pouvoir récupérer leur caution. Ils se précipitèrent alors à bord pour dans l’ordre suivant, se doucher, se changer, boire une bière, et prendre leur service, me permettant à moi, votre serviteur, d’aller flâner en ville.

Le soir, les retrouvant, ils me racontèrent leur hôtel dans la savane, et les instants merveilleux qu’ils y avaient passés. Je dois dire, qu’à ce moment, leur récit me fit regretter amèrement mon manque d’argent. Ce n’était que partie remise, question aventures, comme vous pourrez le lire ultérieurement lors de l’escale des Comores. Les jours se sont donc égrenés tranquillement avec le matin, avec les corvées habituelles de ravitaillement. Si j’étais libre, j’en profitais pour laver mon linge, le repasser, le repriser, écrire à mes parents et amis.

Surtout, il ne fallait pas oublier de se rendre à la poste pour y faire oblitérer nos cartes. Avant le départ de Brest, il nous avait été remis deux cartes magnifiques représentant l’itinéraire de la Jeanne et du Forbin. Cartes richement décorées que nous allions à chaque escale faire timbrer et oblitérer pour prouver la véracité de notre passage. Nous choisissions bien entendu de jolis timbres. Ces cartes sont maintenant apposées sur le mur de mon salon, et c’est une de mes fiertés que de les montrer à mes visiteurs. J’avais pris de nombreuses photos de ce pays. Les services de la maison Kodak étant déplorables comme c’est malheureusement connu, mes photos ne sont jamais revenues du laboratoire où je les envoyais. La maison Kodak ne pouvant me rembourser qu’en pellicule vierge, quelle réparation ! Cela arriva également pour d’autres escales.

J’ai tout de même ramené quelques souvenirs locaux, à savoir deux masques africains dont l’un avec deux pointes de flèche en bois, ainsi qu’une paire de sagaies. Oh ce ne sont pas des objets de grandes factures, mais enfin quand je les regarde à la maison, je ne puis m’empêcher de penser à tous ces voyages que j’ai eu la chance d’effectuer.

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