Au sortir des Journées Mondiales de la Jeunesse, il paraît important de fournir aux participants fornicateurs quelques éléments pour que leur progéniture, à naître d’ici 9 mois, suive glorieusement le même chemin qu’eux :
N’éduquez pas vos enfants, ou ne les confrontez pas à la pensée critique, à la logique ou à la science.
Mentez leur constamment sur la manière dont fonctionne le monde. Nourrissez les aux histoires abracadabrantesques en leur laissant entendre qu’elles sont réelles et prétendez qu’elles sont d’une sagesse profonde.
Faites leur détester leur propres corps et fonctions naturelles. Convainquez les qu’ils sont petits, faibles et sans valeur et qu’ils ont besoin de rédemption. Dites leur que tout ce qui porte à réjouissance est déplorablement mauvais jusqu’à l’idée, et que leur seul bonheur pourrait être de s’attacher à un ami invisible.
Assurez vous qu’il haïssent tous ceux qui ne sont pas comme eux, tous critères inclus – couleur de peau, nationalité, opinion politique et surtout la foi. Faites en sorte que ces personnes soient viles et démoniaques et donnez leur le pouvoir fictif que d’une manière ou d’une autre ils oppriment et persécutent les gens comme vous.
Apprenez leur à rire contre et à critiquer toute autre croyance que la leur. Jeunes, assurez vous qu’ils ont été instruits de la différence entre les superstitions – celle de ce fou délirant dans le désert prêchant la vérité à propos d’un dieu vicieux qui tuait des gens, et la vérité divine éternelle – celle de cet autre fou délirant dans le désert qui prêchait la véritait à propos d’un dieu qui tuait des gens.
Instruisez les avec sévérité et attachez vous à ce qu’ils ne se questionnent jamais sur eux-mêmes, qu’il ne pensent jamais par eux-mêmes, qu’ils ne vivent jamais pour eux-mêmes, mais qu’ils cherchent des réponses dans seulement un – juste un – ensemble particulier de fables folkloriques de semi-lettrés de l’âge de bronze.
Par-dessus tout – ce point ne peut-être évité – assurez vous qu’ils ne puissent épeler, utiliser la grammaire ou comprendre un traître mot de français.
Ca devrait marcher.
Document original en anglais disponible ici (Merci à David M).

Magnifique, magnifique.
Pas mieux
"Apprenez leur à rire contre et à critiquer toute autre croyance que la leur. "
Il aurait du mettre "la votre".
"la leur" laisse encore une possibilité de choisir une croyance "impie".
Impie, tout de suite les grands mots
Une religion n'est jamais qu'une secte qui a réussi.
-> « N’éduquez pas vos enfants » : c’est donc supposer que les plus éduqués sont toujours athées ?
-> « ou ne les confrontez pas à la pensée critique, à la logique ou à la science » : pourquoi toujours opposer critique, science et logique à la religion ? N’y aurait-il pas une « légère » confusion, très commune, entre dogme et religion ?
Remarquez aussi qu’on peut retourner ce paragraphe : n’apprenez pas à un enfant à penser, et il ne remettra jamais l’athéisme* dans lequel il a baigné en question ! (*ou toute autre doctrine, quelle qu’elle soit)
-> 3ème paragraphe : cette description ressemble à certains dogmes, mais n’est pas utilisable comme critère constituant d’une religion. Remarquez aussi que l’expression « ami imaginaire » relève très certainement du blasphème dans certains courants.
-> 4ème paragraphe : « Aimez-vous les uns les autres comme Dieu vous aime » correspond mal à la doctrine décrite. Mais ça colle assez bien avec une partie des théoriciens du complot et certains courants politiques extrémistes !
-> 5ème § : « Apprenez leur à rire contre et à critiquer toute autre croyance que la leur. » Le mépris et le jugement à l’emporte-pièce n’est pas l’apanage des croyants, que je sache. Certains athées bien méprisants à l’égard des dits croyants sont pas mal dans le genre. (Et sans être vache ça va parfois assez bien au Conseil de l’Ordre des Médecins.
) Quand aux différences entre les superstitions, c’est du même tonneau : croyant ou pas, ça n’a pas grand chose à voir.
-> 6ème § : Toujours pas l’apanage des croyants. Certains normes sociales, convictions politiques, économiques, et j’en passe peuvent avoir les travers décrits. L’athéisme compris.
-> « Par-dessus tout – ce point ne peut-être évité – assurez vous qu’ils ne puissent épeler, utiliser la grammaire ou comprendre un traître mot de français » : oh, pour ça, il suffit de les laisser sur Internet…
Mais ceci dit, les faire lire est risqué aussi… Qui dit qu’ils ne se plongeront pas dans des exégèses ?
Zut… On dirait qu’il va falloir trouver autre chose.