Comment juger la "pardonnitude" ambiante ?

Depuis quelques semaines, nous sommes médiatiquement confrontés au phénomène de pardon, bien souvent présenté de façon telle, qu’on prend fait et cause, sans en connaître les tenants et aboutissants.

Il y eut d’abord l’affaire de Dakar et maintenant l’affaire des appréciations de Sarkozy envers certains dirigeants de notre terre, notamment sur José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol.

C’est un sujet important qui mérite d’y prêter attention, vu qu’il touche à l’image de la France sur la scène internationale mais aussi nationale.

Selon que l’on juge juste ou pas juste les paroles de l’un(e) ou de l’autre, nous contribuerons plus ou moins à bien à choisir nos représentants nationaux.

Pour l’affaire de Dakar :

Sarkozy a dit, à Dakar : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. »
à peu près en fin de première moitié de son discours du 26 juillet 2007.

Ce qu’a dit Ségolène Royal, à Dakar : « Quelqu’un est venu ici vous dire que « l’Homme africain n’est pas entré dans l’Histoire ».

Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis.

Et ce que Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire ont magistralement accompli avec le concept « négritude » , vous l’avez poursuivi avec le mot « Afrique », cet étendard d’une dignité reconquise. »
a peu près au milieu de la deuxième moitié de son discours du 6 avril 2009.

Discours par ailleurs jugé remarquable par l’éminent Axel Kahn, pourtant pas catalogué PS.

Pour l’affaire de certains dirigeants de ce monde :

La teneur des propos concernés, publiés par Libération, qui confirme, persiste et signe :

Le président français a eu la critique facile contre plusieurs chefs d’État et de gouvernement, mercredi, lors d’un déjeuner à l’Elysée, avec des députés et des sénateurs, consacré au G20 :
– Jose Luis Zapatero : « Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi, j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle. » (allusion à Lionel Jospin)
– Jose Manuel Barroso : Il a été « totalement absent du G20 »
– Barack Obama : « Il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position ».
– Angela Merkel: « Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position ».

Ce qui a conduit Ségolène Royal à récidiver dans ce que certains(es) appelleront la pardonnitude en présentant ses excuses à Zapatero, l’un des glands de ce monde.

Les propos de Sarkozy sont confirmés par Bernard Kouchner, ce qui crédibilise Libération.

Pour l’heure

Seule, l’UMP tiraille avec, notamment, son roquet de service.

Les autres formations politiques sont discrètes sur le sujet.

La presse étrangère s’en donne à cœur joie contre Sarkozy :

Le Times voit, dans les tacles du «sniper» Sarkozy, la «fin soudaine de l’éphémère lune de miel entre la France et les Etats-Unis».

Pour le New York Times, qui moque la vision du «monde selon Sarko», ce dernier, connu pour «son amour de l’action», aime aussi «rabaisser» ses homologues «dans des réunions pas si privées que ça».

Une déclaration reprise par The Gardian qui a interviewé le député (apparenté PCF) Jean-Pierre Brard, invité au fameux déjeuner. Le quotidien britannique rappelle au passage les habituelles «vantardises» du chef de l’Etat, son «hyperactivité». Pour le coup, celui-ci s’est «surpassé», estime le quotidien : «Saisissant sa chance de se dépeindre en héros» anti-récession, «il s’est enfoncé par ses commentaires».

Pour le quotidien anglais The Daily Telegraph qui titre «Sarkozy insulte les chefs d’Etat lors d’un déjeuner» et rappelle que celui-ci est «peu connu pour sa délicatesse».

Et un excellent billet >>>>> Sarkozy cramé sur la scène internationale ?,
mais aussi, Édit du 22/04/2009, Le fond de l’affaire Sarkozy / Zapatero

Voila donc un petit tour sur cette actualité, pour vous permettre de mieux juger cet évènement, haut en couleur, en période de crise sociale, aggravée par la crise financière scandaleuse qui pénalise notre vie.

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