Entre le Paradis et l’Afrique, Retour à la vie marine (I)

Alors marin reposé?
Nous voilà donc reparti. La Jeanne a appareillé ce matin aux aurores et de nouveau fend la mer et les flots comme le dit la chanson. Ne crois pas que la vie du bord n’est qu’une partie de plaisir et que nous sommes en croisière. Le pacha, notre bon commandant va se charger rapidement de te détromper Lis donc ce qui suit et tu en seras convaincu.

Nous quittâmes donc ce paradis sur terre le lundi douze décembre. A cette époque, comme maintenant d’ailleurs, le salaire des matelots n’était pas extensible. Aussi, à la dernière levée de courrier j’envoyais une lettre à mes parents, les priant, si tel était leur bon vouloir, de m’envoyer quelque menu argent, sous forme de dollars si possible.
Bien sûr, l’essentiel, de cette missive se rapportait à l’escale que nous venions de quitter et à ce merveilleux pays des Seychelles. Je donnais moult détails sur ces îles et leurs habitants.
La Jeanne prit donc la mer par beau temps pour une traversée de trois jours qui nous emmenait vers le pays des Masaï, le Kenya.

L’humeur du bord après une telle escale, était charmante, badine même, et les gens détendus et souriants.

N’oublie pas ami lecteur que ce noble navire nommé Jeanne d’Arc est avant tout un navire de guerre transportant des hélicoptères. Les habitudes de la royale reprirent le dessus rapidement et peu de temps après l’appareillage commença une série d’exercice avec notre navire accompagnateur l’escorteur d’escadre Forbin.
Il y eut même plusieurs exercices entre le Forbin, nous-mêmes ainsi qu’un autre bâtiment dont je ne me souviens pas le nom si ce n’est qu’il s’agissait d’un escorteur rapide.
Les escorteurs sont de deux types, du moins à cette époque.
Les escorteurs rapides du type ‘Le Corse »immatriculés F depuis le F761 le Corse au F778 Le Vendéen

Les escorteurs d’escadre type Forbin immatriculés en D depuis le D621 Surcouf au D638 la Galissonière.

Ne t’y trompes pas il y a bien le type 47 mai il existe aussi le type 53
Ne cherche pas à comprendre c’est comme ça
Je reprends le cours du récit et ne cherches plus à m’interrompre corne de bouc, c’est insupportable

Nous avons, pour la circonstance, utilisé la force aérienne du bord.
Je ne sais pas si j’ai déjà eu le plaisir de t’expliquer en quoi consistait la force aéronavale de la Jeanne d’Arc mais nous en avions une et ne crois pas béotien que tu es que celle-ci était obsolète. Loin de là comme la suite deu voyage pourra te le démontrer.

Il y avait sur le bord cinq hélicoptères.
Une « Alouette 3 » de la 35 F

et quatre Sikorsky S58 encore appelé H34 ou HSS » armant la SJA ou section Jeanne d’Arc.

C’étaient de vieux coucous ayant pour le moins vingt ans, mais ne vous y trompez pas leur motorisation avait été refaite et leurs mécanos les couvaient comme des jeunes mariées.

Ils démarraient dans un bruit d’enfer et dans une fumée noire et épaisse que ne renierait pas un londonien. Ils avaient dû voir la guerre d’Algérie si ce n’est celle de Corée. Il y avait H HOTEL, J JULIETTE, R ROMEO et S SIERRA et le F FOX-TROT. Ces engins armés de trois membres d’équipage pouvaient emporter une dizaine de personnes supplémentaires. Leur gros moteur en étoile logé dans la partie avant donnait à l’ensemble un air gauche de coléoptère. D’où la boutade, Coléoptère, Hélicoptère même combat.

Bon je m’arrête là pour ce soit et te garde la suite au chaud pour bientôt. Je m’en vais de ce pas me faire payer une rasade de tafia par le bourgmestre, un vieux copain de virée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*