Innovation dans les transports : Les bus chevauchants chinois

L’un des problèmes majeurs dans les transports urbains est l’accroissement du trafic et la manière de l’absorber. La solution généralement envisagée est de favoriser les transports en commun, et notamment les bus, au risque de perturber un peu plus la circulation et de polluer davantage.

Face à ce challenge, les chinois innovent et proposent une alternative à moindre coût, écologique et intégrée aux infrastructures urbaines : les bus « chevauchants ». Ils ont été présentés pour la première fois à la 13ème exposition internationale du High-Tech en mai dernier et devraient être lancés, en pilote, dans le district Mentougou à Pékin.

Ces trains d’un nouveau genre embrassent le parcours des routes existantes. Ils mesurent 4,5 mètres de hauteur afin de permettre aux automobiles de passer par-dessous. Propulsés électriquement, ces bus atteindront les 60 km/h et pourront transporter de 1200 à 1400 passagers sans perturber la circulation. Leur coût de construction est estimé à 40 millions de Yuan (env. 4.5 millions d’euros) et pourraient permettre une réduction de trafic jusque 30%.

Traduction de la présentation de Song Youzhou, responsable du projet :


Ce que vous voyez sur cette vidéo, ce sont des embouteillages. Ce que vous entendez, c’est du bruit, mais il y a aussi la pollution invisible à l’œil nu. Actuellement, il y a 4 types de transports publics en Chine : le métro, le train, les bus inter-cités et les bus urbains. Ils présentent chacun avantages et désavantages. Par exemple, le métro coûte très cher et sa construction prend du temps ; les bus intercités occupent l’espace routier et produisent autant de bruit que de pollution. Comment alors développer un mode de transport respectant l’environnement ? Les bus chevauchants fournissent une solution. Regardez cette démonstration.

Les bus chevauchants combinent les avantages des bus inter-cités et peuvent potentiellement les remplacer, ainsi que le métro, à terme. Comme vous le savez tous, la majeure partie des véhicules en circulation sont les automobiles, ce sont également les plus petits. Normalement, nos normes de hauteur à ne pas dépasser est de 4,5 à 5,5m. La plus importante innovation des bus chevauchants est qu’ils peuvent circuler au-dessus des voitures et en dessous de la hauteur limite imposée. Leur plus grande force est qu’ils préservent l’espace routier, qu’ils sont efficaces, avec une bonne capacité d’accueil. Ils peuvent réduire les bouchons de 25 à 30% sur la plupart des routes où l’on circule en moyenne à 40 km/h, et il peuvent embarquer jusqu’à 1200 personnes en même temps, ce qui signifie 300 passagers par voiture.

Un autre atour est que ces bus ont un cycle de construction court : il ne faut qu’1 an pour construire 40 km de voies alors que construire la même distance pour le métro prendrait 3 ans au mieux. De plus, ces bus chevauchants ne nécessitent pas d’emplacement de parking, comme pour les bus normaux. Voici à quoi ressemble l’intérieur : il y a un grand puit de lumière qui supprimera le sentiment de déprime des passagers en entrant.

Il y a deux composantes dans la construction du bus chevauchant. L’un est de remodèler la route, l’autre est de construire des stations. Il y a deux façons de remodeler la route : nous pouvons le faire soit avec deux rails de part et d’autre de la voie de circulation, ce qui préserverait 30% d’énergie, ou nous pouvons peindre deux lignes blanches de chaque côté et utiliser la technologie d’auto-pilotage du bus qui suivra alors les lignes.

Il y a également deux manières de traiter les stations de bus. La première est de procéder au chargement/débarquement des passagers sur les côtés, l’autre est de poser des escalier d’accès par le haut pour que les passagers entrent et sortent via des portes de plafond.

Le bus chevauchant est totalement alimenté par l’électricité municipale et l’énergie solaire. En matière d’électricité, la règle est de s’assurer d’un mode d’électrification direct. Le bus lui-même est conducteur d’électricité, deux rails construits au sommet du bus et disposé en longueur permettent au chargeur de fonctionner, l’autre chargeur sera sur les rails en décalé et avant que les précédents quittent leur chargeur, raison pour laquelle nous les nommons relais de chargeurs, pas encore utilisés en d’autres endroits.

L’ensemble ici est un “super-capacitor”, un accessoire qui peut charger, décharger et emmagasiner l’electricité rapidement. La puissance stockée au cours de l’arrêt permet d’atteindre le suivant et ainsi de suite, aucun gaz d’échappement n’est présent lors de ce process.

Concernant les ondes ultrasoniques positonnées en bout de bus, elles permettent d’empêcher l’accès du tunnel aux véhicules hauts et autres camions. Grâce à un laser de scan, les voitures trop près du passage activent l’alarme. Dans le bus, il y a des voyants lumineux indicant aux véhicules engagés sous lui qu’il s’apprête à tourner. Un autre système de scan radar permet d’éviter que les véhicules insérés se tiennent trop près des roues du bus.

De nos jours, beaucoup de grandes villes ont remodelé leur système de signalisation de trafic, afin de donner priorité aux bus publics. Ceci pour dire que quand un bus atteint un croisement, les feux rouges de la voie de circulation contraire passent automatiquement au rouge pour lui donner le passage. Notre bus chevauchant peut utiliser la méthode des bus inter-cités. La voiture peut tourner avec le bus si elle va dans la même direction ; sinon, la règle du feu rouge s’appliquera et elle attendra que le bus soit passé pour pouvoir s’engager.

Le bus fait 6 mètres de large pour 4 / 4,5 mètres de haut. Comment les gens sortiront du bus en cas d’accident ? Je vous présente ici le système de secours le plus élaboré au monde. En cas d’incendie ou d’urgence, les portes d’échappement s’ouvriront automatiquement. Je suppose que beaucoup d’entre vous êtes montés en avions. Les avions sont équipés d’échelles gonflantes le long desquelles les passagers glissent en cas d’urgence. J’ai introduit ce mode d’évacuation sur les bus chevauchants. C’est le moyen le plus rapide de s’échapper.

Le bus peut faire économiner 860 tonnes de carburant par an, avec une réduction de carbone de 2640 tonnes. Pour l’instant, nous avons passé la première phase de tests et nous allons bientôt obtenir la validation technique du projet. La construction de 186 km de voie dans le district de Mentougou (banlieue de Pékin) débutera à la fin de l’année.

Merci.

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