Seychelles que j’aime (Part one)

Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver disait le chanteur.
Et ce qu’il y avait de bien dans la structure de travail des motels (1) c’est justement les grands moment de liberté que nous octroyait cette organisation.

Pense donc moussaillon, 3 équipes de deux pour abattre la besogne en escale. Cela donne 2 jours de congés pour trois jours d’escale qu’on se le dise. Certes l’idéal pour visiter ce paradis aurait été de n’être au travail que le 3ème jour. Cela dit j’ai travaillé le 1er et le 4ème, et encore jusqu’à la fin du service.
Le premier étant un jour de service classique avec un permissionnaire assez tard du fait des corvées inhérente à se type d’escale. Nous étions au mouillage en rade.

Certains anciens, des vieux loups de mer, avaient déjà abordés ses rivages enchanteurs et ne tarissaient pas d’éloges sur les lieux. On allait s’en mettre plein les yeux. De jolies plages, du soleil, une végétation luxuriante et des seychelloises accueillantes. Bref le bonheur du marin en virée.

Mes compères, de repos ce premier jour, partirent, dès les permissionnaires appelés, louer un véhicule. Si l’on s’en référait à la Notice Pour Voyager, la roupie seychelloise, la monnaie locale, ne valait pas grand-chose et les tarifs étaient de ce fait particulièrement abordables. J’étais néanmoins impatient de les retrouver le soir venu après le dernier service.

Ce fut l’heure attendu et je pris la barcasse pour me rendre à Victoria, capitale des Seychelles sur l’île de Mahé.
Ce qui me surprit le plus fut la nonchalance dans laquelle, il me semblait, se mouvaient les gens. Le temps doux, et le soleil déclinant donnait à l’environnement immédiat une couleur particulière. Les rues avaient un petit quelque chose d’indéfinissable qui dégageait une impression de bien vivre. Etait-ce le type d’habitation ? Il n’y avait que des maisons basses, au maximum deux étages, les rues étaient très propres, bien agencées, fleuries. Oui, peut-être était-ce cela ? Les fleurs, il y en avait partout. Des myriades de couleurs resplendissantes se déversaient sur nous et sur nos yeux habitués depuis quelque temps au gris du bâtiment ou au jaune du soleil éblouissant.

Le temps de regarder au tour de moi et mes amis étaient là et ce fut un déluge de paroles. Nous étions loin d’Alexandrie ou de Djibouti. Ils étaient sous le charme tout simplement. Tout en pouffant, ils me montrèrent la voiture de location. C’était une petite voiture amusante, une mini-moke dont ils m’expliquèrent rapidement le fonctionnement.

Une fois tous dedans tandis que Sam conduisait, François pris la parole.
– On a trouvé un lieu divin pour louer une chambre. Cela s’appelle Beauvallon Bay.
– Tu vas aimer je ne te raconte pas tu vas découvrir par toi même. On n’est plus en Afrique ici.

Dis tu écoutes moustique? je ne vais pas revenir la dessus en permanence. Cesse de rêver et concentre toi

Pendant ce temps, écoutant d’une oreille légèrement distraite, je regardais partout où pouvait se poser le regard.
Tout était beau, délicat même, laissant filtrer la douceur de vivre. La route grimpais dure et lovait ses virages au sein d’une verdure luxuriante qui me laissait pantois.
Le soleil était couché lorsque nous arrivâmes sur place et c’est en arrivant à l’hôtel que je compris ce que voulais dire douillet dans la bouche de François. Le Beauvallon Bay Hotel était un lieu magnifique composé de bungalows luxueux au bord d’une immense plage de sable blanc.

Il y avait même une piscine d’eau douce nichée sous des flamboyants qui étalaient leurs immenses ramures. Des torches éclairaient, de manière diffuse, les allées qui menaient au restaurant en plein air. On ne risquait pas de bousculer son voisin ni même de l’importuner avec ses discussions. Chaque table était séparée des autres qui par un ensemble floral exotique, qui par un charmant petit monticule de galets agrémenté de cactées, ou même par un petit bassin où se prélassaient de forts jolis poissons. Le tout était éclairé par des lampions ou des torches dont les flammes vacillaient au gré des souffles d’air qu’amenait la brise marine du soir. D’agréables fauteuils en osier garnis de coussins invitaient à s’asseoir et à se prélasser. Ce que nous fîmes immédiatement.

Surgit alors dans un doux bruissement feutré de tissus aériens, une serveuse qui s’enquit, d’une très jolie voix cristalline, de nos souhaits pour dîner. Sam et François avaient très bien fait les choses. Ils commandèrent donc pendant que je me délassais. La même charmante personne nous apporta des cocktails.

Les boissons aussi se prêtaient à une débauche de couleurs. Dans de grands verres tulipe, givrés de sucre coloré, baignaient dans des liqueurs aux teintes vives des menus morceaux de fruits que je ne reconnus pas de prime abord. La serveuse déposa également sur la table tout un assortiment d’amuse-gueules. L’instant était divin et mes amis me regardaient en souriant. Vint ensuite le repas. Il était composé de salades exotiques et de viandes grillées accompagnées d’une sauce aigre-douce. Arrivèrent alors les desserts. Il s’agissait de fruits et de glaces. Le temps s’écoulait agréablement.
L’air tiède de la nuit et le silence environnant uniquement rompu par le bruit que faisait la brise dans les grandes palmes qui surplombaient nos têtes, déversaient sur nous une immense quiétude que je n’ai jamais plus retrouvée, même à Tahiti ou à Raïatéa.

Mais l’heure avançant, il fallait que je songe à laisser mes amis car je devais prendre la barcasse de onze heures afin d’être prêt pour la relève de quart. Ainsi finit ma première journée d’escale aux Seychelles. Je me promettais de réserver une chambre dans ce magnifique endroit dès le lendemain, jour où Sam et François travaillaient. Je pourrais disposer de la voiture.

(1) Maitre d’hôtel

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