L’Egypte / Le Caire – Part 2

Ce matin du dix-neuf novembre en compagnie d’une centaine d’autres marins, nous avons pris le car direction le Caire. J’allais voir ce que tant d’hommes célèbres ont vu et admiré. J’allais voir ces monuments qui défient le temps et l’imagination. J’allais contempler ces preuves éternelles et grandioses de l’Histoire. En ce samedi dix-neuf novembre 1977, l’histoire nous rattrapait. En effet, alors que nous quittions Alexandrie, Anouard El SADATE, président de l’Egypte quittait le Caire pour ce rendre à Jérusalem, et plus particulièrement à la Knesset. Voyage historique s’il en fut.

Sur la route du Caire, nous avons admiré la campagne égyptienne où, comme il y a quatre mille ans, les buffles font toujours tourner les norias afin d’irriguer les rizières. J’ai traversé ces villages que nous montre parfois la télévision. Villages dont les maisons sont faites de boue séchée, avec leur mare aux canards et leurs énormes pigeonniers symboles de la richesse du village. Les felouks encombraient les canaux

Très vite nous sommes arrivés dans la banlieue de la capitale égyptienne, cette immense agglomération peuplée de plus de cinq millions d’âmes où le modernisme côtoie l’ancien et où le profane s’étale près du sacré. Nous sommes passés devant la mosquée Amr-Ibn-Alas, très caractéristique et qui est le plus ancien monument islamique de ce pays. Nous nous sommes rendus au muséum du Caire, fondé par le français Mariette en 1857 où nous avons pu admirer les chefs-d’oeuvre de l’art égyptien antique – bijoux, statuettes, vases, urnes, et le sarcophage et les trésors de Tout-Ank-Amon.

Après un rapide repas pris dans une auberge, à l’ombre des bananiers mâles en fleurs, nous avons repris notre visite en direction du plateau de Gizeh ou plutôt AL Jizah. C’est au détour d’une rue qui s’élargissait que je la vis pour la première fois. Enorme et majestueuse, éblouissante sous le soleil brûlant, puis je la perdis de vue mais bientôt le car s’immobilisa, laissant à nos yeux émerveillés, le plaisir de contempler ces mastodontes de pierre.

Devant nous s’étalaient Khéops, Khéphren et Mykérinos.

Aussitôt descendus du car nous avons été assaillis par un grand nombre de vendeurs de colifichets. J’ai posé ainsi que Sam et François, fièrement montés sur des dromadaires, face à la grande pyramide de Khéops. Depuis le plateau, s’étale devant nous le Caire et le Nil, la vue est magnifique. Khéops, Khéphren et Mykérinos étaient trois pharaons de la IV ème dynastie entre 2650 et 2600 av. J.C.. Mykérinos fils de Khéphren lui même fils de Khéops firent bâtir les trois colossales pyramides. Khéphren joint à l’ensemble, le Sphinx. Animal fabuleux le représentant gardant son sanctuaire. Haut de 136 mètres, la pyramide de son père est la plus élevée avec ses 137 mètres, alors que celle de son fils est la plus petite avec seulement 66 mètres. Le Sphinx lui est long de 57 mètres pour 20 de haut. L’ensemble de ce plateau désertique est tout à fait étonnant. Ces trois masses pointent vers RA leurs pyramidions fièrement érigés, tel une érection dantesque défiant le monde.

J’ai, en compagnie d’un guide, et moyennant quelque argent, pénétré dans la grande pyramide. Seul un couloir mal éclairé menant à une petite salle sans ornement, où gît un sarcophage de pierre éclairé d’un néon blafard, sont visibles. En fait le plus beau et le plus majestueux réside dans l’ensemble monumental. Les blocs de pierre sont immenses et la pensée que des dizaines de milliers d’hommes ont travaillé ici pour les ériger stupéfait quelque peu.

Nous avons repris le car, l’après-midi avançant, vers Alexandrie. Nous avons suivi la route du désert. Le contraste est grand entre ces immenses étendues de sable surchauffé par un soleil accablant et la route campagnarde que nous avons parcourue le matin. L’excursion est rentrée à bord à l’heure du repas, les yeux pleins de beauté et de souvenirs, ainsi que les poches pleines de bimbeloteries. La soirée fut ordinaire et je me couchais tôt car le lendemain je travaillais.

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