La Réunion

Ami lecteur un peu d’histoire. Après l’Afrique au pays Massaï et un petit passage aux comores nous allons aborder une vieille terre française

L’île de la Réunion fait partie avec l’île Maurice de l’archipel des Mascareignes dont elles sont les plus importantes représentantes. La Réunion est un département français depuis 1946, mais son histoire est ancienne. Elle fut découverte par les portugais au début du seizième siècle. Elle fut ensuite occupée par les français en 1663 et ils l’appelèrent alors Ile Bourbon. Elle passa ensuite sous la coupe de la Compagnie des Indes et eut pour Gouverneur Général La Bourdonnais de 1735 à 1746. Enfin, elle fut rachetée à la Compagnie en 1764 et prit son nom actuel en 1793.

C’était donc dans un lieu chargé d’histoire que nous allions débarquer. La préfecture est Saint Denis mais nous avons accosté au « Port » qui se trouve à environ vingt kilomètres de là et qui s’avère être un port totalement artificiel.

Une excursion a été organisée vers le Piton de la Fournaise, célèbre volcan connu pour ses éruptions. Je n’y participais pas car nous ne restions que trop peu de temps sur l’île et je préférais rencontrer du monde, c’était la dernière vraie escale française avant quatre mois, plutôt que de visiter un volcan.
Aussi, en compagnie d’Eric mon alter ego au sein des motels, nous fîmes de l’auto-stop pour nous rendre à St Denis et ainsi économiser notre argent. Que veux tu le mataf n’est pas bien riche et on se débrouille comme on peut.

La route était sinueuse et passait par plusieurs villages: La Possession et Le Brûlé. Le Port se trouve de l’autre côté de la pointe des Galets. La route au début longea le rivage et nous pûmes admirer le point de vue sur la mer. Ensuite elle s’enfonça quelque peu dans les terres. Le paysage était très beau, car dès que l’on s’éloignait du rivage, la montagne était là. Du fait du climat tropical chaud, la végétation était abondante et variée. Avec l’île Maurice c’était là notre dernière escale avant de filer plein sud dans les mers australes. Mais ceci est une autre histoire

En compagnie d’Eric, disais je, la première chose que nous fîmes, ce fut de louer une chambre à l’hôtel Méridien de ST Denis. Voila un plaisir qui réjouit les honnêtes marins que nous étions. Economiser d’un côté pour mieux dépenser de l’autre. Tout un art lorsqu’on est appelé. Ce fut un vrai régal de pouvoir prendre un bon bain bien chaud et de plonger une tête dans la piscine. Sam et Fanfan nous rejoignirent le soir venu et là, à l’occasion d’un appel téléphonique de François à sa maman, nous avons sablé le champagne devant le regard médusé de certains officiers présents qui eux, ne pouvaient s’offrir que du whisky. Je me souviens même de la marque et de l’année. C’était du Dom Pérignon 1969.

J’ai pu remarquer tout au long de la campagne, que la gente officier, qu’ils soient élèves, subalternes ou supérieurs, n’aime pas du tout que des matelots puissent avoir l’outrecuidance de fréquenter les mêmes lieux qu’elle. Ce fut notamment le cas à l’escale de Bali, mais j’en reparlerai en temps et en heure.

Pour l’instant nous nous apprêtions à dîner en ville, et pour avoir rencontré dans une rue un ancien marin établit à Saint Paul, nous pûmes aller dans un restaurant typique en sa compagnie. Il y eut de la langouste, des crevettes, du carry de poulet et autres accras, le tout pour une somme tout à fait abordable pour nos finances quelque peu défaillantes. Nous y sommes également retournés le lendemain soir. Cet ex marin, dont malheureusement je ne me souviens pas du nom, nous fit passer un agréable séjour car lui aussi y retourna le lendemain. Les serveuses de ce restaurant étaient charmantes et engageantes, aussi, c’est en compagnie d’Eric et de ces dernières que je rejoignis l’hôtel alors que Sam et Fanfan retournaient à bord… Que voulez vous ce n’est pas forcément la fête pour tout le monde.

La journée suivante fut réservée au tourisme. N’ayant pas loué de voiture dans un souci d’économie, c’est à pied que je fis mes balades dans ST Denis. La ville avait un vieil air colonial avec ses maisons à façades blanches à colonnades et avec ses grandes fenêtres. La préfecture faisait même l’effet d’un « palais du gouverneur » du siècle dernier. La population était très métissée. Il y avait bien sûr des noirs et des blancs mais aussi beaucoup d’indiens et de chinois. Ce fut le même type de mélange que je retrouvais à l’île Maurice mais en plus prononcé.

Le seul point décevant fut le temps. Il plut souvent mais enfin, cette deuxième journée me permit de me promener, d’acheter des tee-shirts locaux et surtout d’aller à la poste pour envoyer mon courrier à mes parents et amis et également pour y faire timbrer mes cartes. Pour la troisième et dernière journée d’escale, j’étais de service mais je sortis tout de même dans l’après-midi au « Port » et le soir venu à ST Denis. Le dernier soir je suis allé manger des brochettes avec mes amis, mais Dieu, qu’ils aiment les sauces fortes là-bas!

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