Le jour du Seigneur épisode 84 – La coupe est pleine

Dans l’épisode 83, la famine sévit, la faim l’emporte sur la passion. Jacob autorise ses fils à emmener le plus jeune, Benjamin, en Egypte pour y acheter de la nourriture, et accessoirement délivrer Simeon.

Genèse 43:13-14

Prenez votre frère, et levez-vous; retournez vers cet homme.
Que le Dieu tout puissant vous fasse trouver grâce devant cet homme, et qu’il laisse revenir avec vous votre autre frère et Benjamin ! Et moi, si je dois être privé de mes enfants, que j’en sois privé !

Arrivés en Egypte, les frères sont immédiatement conduits chez Joseph. Celui-ci n’est pas encore arrivé. En l’attente, ils se confondent en excuses, auprès de l’intendant de Joseph, à propos de l’argent retrouvé dans les sacs de blé lors du premier voyage (Genèse 43:20-22)

Ils dirent : Pardon! mon seigneur, nous sommes déjà descendus une fois pour acheter des vivres.
Puis, quand nous arrivâmes, au lieu où nous devions passer la nuit, nous avons ouvert nos sacs ; et voici, l’argent de chacun était à l’entrée de son sac, notre argent selon son poids : nous le rapportons avec nous.
Nous avons aussi apporté d’autre argent, pour acheter des vivres. Nous ne savons pas qui avait mis notre argent dans nos sacs.

Et l’intendant de Joseph de leur répondre (Genèse 43:23)

L’intendant répondit : Que la paix soit avec vous ! Ne craignez rien. C’est votre Dieu, le Dieu de votre père, qui vous a donné un trésor dans vos sacs. Votre argent m’est parvenu. Et il leur amena Siméon.

La fratrie est au complet. Joseph arrive, voit tous ses frères et pleure :

 

Genèse 43:30 :

Ses entrailles étaient émues pour son frère [Benjamin], et il avait besoin de pleurer ; il entra précipitamment dans une chambre, et il y pleura.

Plus que Benjamin, il semble que ce soit surtout Siméon qui fasse de l’effet à Joseph. Souvenez-vous. Joseph nous avait coulé quelques larmiches, dans l’épisode précédent, à l’emprisonnement de Siméon.

Genèse 42:24 :

Il s’éloigna d’eux, pour pleurer. Il revint, et leur parla ; puis il prit parmi eux Siméon, et le fit enchaîner sous leurs yeux.

Après le repas copieux servi par Joseph, celui-ci, jamais à court d’idée pour torturer ses frères, fait préparer les affaires de ses hôtes et demande à ce que sa coupe soit placée dans les sacs de vivres.

Genèse 44 :1-3 :

Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces gens, autant qu’ils en pourront porter, et mets l’argent de chacun à l’entrée de son sac.
Tu mettras aussi ma coupe, la coupe d’argent, à l’entrée du sac du plus jeune, avec l’argent de son blé. L’intendant fit ce que Joseph lui avait ordonné.
Le matin, dès qu’il fit jour, on renvoya ces gens avec leur ânes.

L’intendant, mis dans la confidence du coup de Joseph, se lance à la poursuite des bergers. Il fouille les sacs :

Genèse 44 :4-10 :

Ils étaient sortis de la ville, et ils n’en étaient guère éloignés, lorsque Joseph dit à son intendant : Lève-toi, poursuis ces gens ; et, quand tu les auras atteints, tu leur diras : Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ?
N’avez-vous pas la coupe dans laquelle boit mon seigneur, et dont il se sert pour deviner ? Vous avez mal fait d’agir ainsi.
L’intendant les atteignit, et leur dit ces mêmes paroles.
Ils lui répondirent : Pourquoi mon seigneur parle-t-il de la sorte ? Dieu préserve tes serviteurs d’avoir commis une telle action !
Voici, nous t’avons rapporté du pays de Canaan l’argent que nous avons trouvé à l’entrée de nos sacs ; comment aurions-nous dérobé de l’argent ou de l’or dans la maison de ton seigneur ?
Que celui de tes serviteurs sur qui se trouvera la coupe meure, et que nous soyons nous-mêmes esclaves de mon seigneur !
Il dit : Qu’il en soit donc selon vos paroles ! Celui sur qui se trouvera la coupe sera mon esclave ; et vous, vous serez innocents.

Evidemment, la coupe est trouvée dans le sac de Benjamin. Il devient de fait esclave d’un Joseph qui réussit, grâce à ce jeu de dupes, à assouvir sa vengeance envers ses frères.

Mais le plus intéressant n’est pas là. Le plus intéressant, c’est la coupe.

Primo, nulle part dans le récit Joseph n’a eu besoin d’une coupe pour exercer ses talents de devin. Cet artefact est une lubie d’écrivain et ne présente aucune « réalité » tangible ; c’est le prétexte à la vengeance.

Secundo, cette coupe est destinée à conférer à Joseph une aura divine supplémentaire. Ainsi, dans Genèse 44-15, Joseph dit :

Joseph leur dit: Quelle action avez-vous faite ? Ne savez-vous pas qu’un homme comme moi a le pouvoir de deviner ?

Ben non, mon coco. Personne n’est en mesure de deviner que quelqu’un peut deviner.

Tercio, cet épisode est intéressant car en non-conformité avec les lois. Le Deutéromone est une reprise de l’Exode. De ce fait, il reprend, en les aménageant, les principes de la loi judaïque dictés à Moïse.

Lors de l’épisode 81 (intitulé l’anticipation du pêché), Joseph respectait un principe édicté dans les lois alors qu’elles n’avaient pas encore été prononcées par Dieu, à savoir « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain« .

Nous pourrions donc nous attendre à ce que Joseph ait une sorte de préscience divine du comportement attendu par son Seigneur, ou à tout le moins, que les charmants rédacteurs de la fable biblique aient conservé une ligne éditoriale cohérente.

Eh bien non. Joseph est devin et le Deutéromone 18:10 précise :

Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien,

Moralité : Soyez croyants si le cœur vous en dit mais agissez uniquement selon votre propre jugement.

Amen !

 

A suivre… ?

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