Le jour du Seigneur épisode 88 – Menteur comme un percepteur

Dans l’épisode précédent, Joseph rassemble sa famille. Il peut maintenant faire procéder à l’installation de son père et de ses frères. Il leur donne une propriété dans la meilleure partie d’Égypte, dans la contrée de Ramsès (cf. incohérence Ramsès de l’épisode 87), comme Pharaon l’avait ordonné.

Genèse 47:12-24

Joseph fournit du pain à son père et à ses frères, et à toute la famille de son père, selon le nombre des enfants.
Il n’y avait plus de pain dans tout le pays, car la famine était très grande; le pays d’Égypte et le pays de Canaan languissaient, à cause de la famine.
Joseph recueillit tout l’argent qui se trouvait dans le pays d’Égypte et dans le pays de Canaan, contre le blé qu’on achetait; et il fit entrer cet argent dans la maison de Pharaon.
Quand l’argent du pays d’Égypte et du pays de Canaan fut épuisé, tous les Égyptiens vinrent à Joseph, en disant : Donne-nous du pain ! Pourquoi mourrions-nous en ta présence ? car l’argent manque.
Joseph dit : Donnez vos troupeaux, et je vous donnerai du pain contre vos troupeaux, si l’argent manque.
Ils amenèrent leurs troupeaux à Joseph, et Joseph leur donna du pain contre les chevaux, contre les troupeaux de brebis et de boeufs, et contre les ânes. Il leur fournit ainsi du pain cette année-là contre tous leurs troupeaux.
Lorsque cette année fut écoulée, ils vinrent à Joseph l’année suivante, et lui dirent : Nous ne cacherons point à mon seigneur que l’argent est épuisé, et que les troupeaux de bétail ont été amenés à mon seigneur ; il ne reste devant mon seigneur que nos corps et nos terres.
Pourquoi mourrions-nous sous tes yeux, nous et nos terres ? Achète-nous avec nos terres contre du pain, et nous appartiendrons à mon seigneur, nous et nos terres. Donne-nous de quoi semer, afin que nous vivions et que nous ne mourions pas, et que nos terres ne soient pas désolées.
Joseph acheta toutes les terres de l’Égypte pour Pharaon ; car les Égyptiens vendirent chacun leur champ, parce que la famine les pressait. Et le pays devint la propriété de Pharaon.
Il fit passer le peuple dans les villes, d’un bout à l’autre des frontières de l’Égypte.
Seulement, il n’acheta point les terres des prêtres, parce qu’il y avait une loi de Pharaon en faveur des prêtres, qui vivaient du revenu que leur assurait Pharaon : c’est pourquoi ils ne vendirent point leurs terres.
Joseph dit au peuple : Je vous ai achetés aujourd’hui avec vos terres, pour Pharaon ; voici pour vous de la semence, et vous pourrez ensemencer le sol.
A la récolte, vous donnerez un cinquième à Pharaon, et vous aurez les quatre autres parties, pour ensemencer les champs, et pour vous nourrir avec vos enfants et ceux qui sont dans vos maisons.

Ce passage s’avère être sans aucun intérêt. On y découvre un Joseph besogneux et habile gestionnaire. Cependant, il y a une petite chose qui gêne.

Si l’on s’en tient scrupuleusement à ce qui est écrit en Genèse 47:24, on est en droit de penser que l’impôt agricole pratiqué dans l’Egypte antique a été inventé et décidé par Joseph. Or cet impôt existait des centaines d’années avant Joseph.

Pour preuve, cette photo prise sur le tombeau de Menna, noble de la XVIIIème dynastie (d’après les écrits, Joseph est contemporain de la XIXème dynastie), où sont représentés les scribes notant la recette de la collecte de l’impôt inventé par Joseph… quelques siècles plus tard.

Tombeau de Menna (XVIIIème dynastie) - Scribes notant le montant de la collecte de l'impôt agricole

Quelle pré-science ! Quel homme !


Genèse 47.25-28

Ils dirent : Tu nous sauves la vie ! que nous trouvions grâce aux yeux de mon seigneur, et nous serons esclaves de Pharaon.
Joseph fit de cela une loi, qui a subsisté jusqu’à ce jour, et d’après laquelle un cinquième du revenu des terres de l’Égypte appartient à Pharaon ; il n’y a que les terres des prêtres qui ne soient point à Pharaon.
Israël habita dans le pays d’Égypte, dans le pays de Gosen. Ils eurent des possessions, ils furent féconds et multiplièrent beaucoup.
Jacob vécut dix-sept ans dans le pays d’Égypte ; et les jours des années de la vie de Jacob furent de cent quarante-sept ans.

Le chapitre 47 se termine avec la même lassitude de comptable éreinté. Seul un épisode marquant en ponctue la fin : Jacob / Israël décède à l’âge de… 147 ans ! Pas mal du tout pour un pauvre berger ayant subi une atroce famine.

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