Le Lucullus du dimanche #102

Amis gourmands bonjour,
Une des infos les plus loufoques de la semaine, si vous la suivez, vous coutera 59,90 €, bref une baguette.
… Psss Lucullus, on ne dit pas baguette mais bagatelle
… Plait-il? Que diable m’interrompez vous? Je confirme bien mont vocable de baguette car je parle de pain.

Voilà, c’est fait, Lucullus est devenu fou.
Fou,oui mais de rage, car on prend encore le consommateur pour un abruti et je mâche mes mots.
Reprenons tout par le début et tout d’abord un constat.
1) Les baguettes vendues, dans les hyper et autres gros commerces, sont souvent de piètre qualité. En 3 mots comme en 100, elle durcissent rapidement.
2) L’INSEE estime que chaque foyer français jette environ ½ baguette à la poubelle et cela tout les jours.

Fort de cette information, une société c’est posée la question de savoir pourquoi.
Résultat des recherches la vente d’un sac à pain chauffant afin de préserver les fameuses baguettes de pain.
La société commercialisant la sac extraordinaire promet « un bon pain chaud comme au sortir du four du boulanger », en lui redonnant « saveur et croustillance ». Permettez moi d’en douter un tout petit peu.

A tout cela, une réflexion me vient immédiatement. Je pense que les concepteurs de ce produits n’ont pas du visiter beaucoup de boulangeries dignes de ce nom, sinon ils tiendraient un autre langage. Voire même ils ne fréquentent que les grandes surface et manquent ainsi, à mon sens, de beaucoup de références en terme de qualité de panification. Ne me faites tout de même pas dire ce que je ne dit pas. Il existe de vrais boulangers dans les grandes surfaces et, en fonction bien souvent du directeur, ils ont ou non les moyens de faire du bon pain. J’ai largement pu le vérifier par moi même.

Autre réflexion, les français méconnaissent les recettes qui servent à réutiliser le pain rassis comme celles du pudding, du pain perdu, mais aussi les sauces à base de pain qui dans ce cas remplace très avantageusement la farine.

Vous je ne sais pas, mais je n’ai pas jeté de pain depuis …. je ne me souviens même pas quand cela a t-il pu m’arriver.
Chez mes parents, en fin de repas, on devait finir son pain, son verre d’eau et plier sa serviette, avant de demander l’autorisation de quitter la table lorsque ceux-ci y demeuraient encore un peu. Dans ce cas jamais de « pain perdu ».

Dans notre monde d’hyper consommation, ce sont là des valeurs que l’on a tendance à perdre. La nourriture qui se trouve sur la table d’une famille, est issue du résultat du labeur des parents. On se doit de respecter cela pour pouvoir se respecter soi même.

Changeons de sujet maintenant pour aborder un sujet qui m’est cher, le recyclage.
Savez vous que, chaque année, ce ne sont pas moins de 50 000 tonnes d’emballages en aluminium que nous utilisons et que nous jetons?
A votre avis, quel est le pourcentage d’emballage recyclé?
-« 32% mon capitaine. »
-« Bien soldat mais on peut mieux faire. »
-« Chef c’est pas ma faute; les centres de tri estiment que les petites cannettes, les capsules café, les portions individuelles de fromage, sont trop petits pour être récupérés. »
Certes, certes mais cela devrait bientôt s’améliorer car le potentiel de recyclage est énorme et les investissements en ce sens peuvent être rentables. Affaire à suivre donc.

Alors qu’en 2010, le nombre de fermes bio à bondi de 25% en atteignant 836 000 hectares, le nombre de personnes consommant des produits bio stagne voir même baisse du fait de prix de vente des productions. Pour autant, depuis 3 ans, nous avons des prix plus stables que dans l’agriculture conventionnelle, car nous n’avons pas de spéculateurs et nous sommes plus en phase avec les prix de production », estime Pascal Gury, vice-président de l’agence Bio.
L’agence Bio est un groupement d’intérêt public dont les missions sont de contribuer au développement et à la promotion de l’agriculture biologique française.
Néanmoins, la consommation a augmenté de 10% en 2010. Suite au Grenelle de l’Environnement, l’objectif de terres bio est de 6% pour fin 2012. On est loin du terme avec seulement 2,9% à ce jour contre 2,46% en 2009.

En matière d’agriculture des synergies franco allemandes se font jour.
Des délégations de l’Assemblée Nationale, du Sénat et du Bundestag ont adopté ce jeudi une déclaration commune sur la politique agricole commune. Les délégations estiment notamment que la seule libre concurrence ne peut être une orientation unique en terme de PAC et que le maintient d’un cadre de régulation est incontournable. Les délégations souhaitent un filet de sécurité pour protéger les agriculteurs de crises exceptionnelles des marchés.

Les prix des matières agricoles brutes subissent parfois des hausses importantes c’est le cas en ce moment . Qu’elles en sont les raisons. Je ne pourrai pas ici toutes les énumérer, mais il est intéressant, par exemple, de voir que l’actualité politique mondiale a un effet immédiat sur les cours du blé. Ceux ci sont orientés à la hausse du fait, entre autres, des mouvements populaires au Maghreb et au Moyen Orient. Les importateurs locaux désirant constituer des stocks en ces périodes troublées. Ces hausses de prix touchent aussi le maïs et le colza du fait de la faible disponibilité de ces produits.

Les marchés des produits agricoles sont mondiaux depuis bien longtemps et quand il se passe quelque chose de politique ou de climatique quelque part dans le monde cela a une influence sur les prix de ventes des produits qui entrent dans la constitution de nos aliments et repas.
Des révolutions au Maghreb, une tempête en Australie ou aux USA, une grève du port agro industriel en Argentine et les prix grimpent.
Il faut savoir que l’Argentine est le deuxième exportateur mondial de maïs et le troisième pour le soja.
Enfin sur la place de Chicago, qui est le point stratégique mondial de la fixation des prix pour les céréales, j’en ai déjà parlé ici, la hausse des prix a subit un coup d’arrêt, en fin de semaine, avec la hausse du dollar ce qui renchérit le coût des exportation.
Pour exemple:
Le boisseau (environ 25 kg) de maïs à échéance mars valait vendredi vers 16H20 Gmt 6,6450 dollars sur le Chicago Board of Trade, contre 6,44 dollars vendredi dernier.
Le boisseau de soja pour livraison en mars s’échangeait à 14,3150 dollars contre 13,98 dollars une semaine plus tôt.
Le contrat de blé à échéance identique s’établissait à 8,52 dollars contre 8,2575 dollars sept jours plus tôt.
Faites les calculs sur des dizaines de milliers de tonnes.

On parle aussi de Weather Market, qui signifie marché lié au climat. On parle de weather market lorsque les conditions météorologiques influent sur les cours. Il s’agit donc d’un système d’analyse complet qui permet de comparer les productions mondiales et de s’informer sur les phénomènes climatiques. Ainsi les spécialistes peuvent appréhender au mieux les récoltes et les évolutions potentielles des marchés.
Depuis décembre voici les point chaud du globe:
Décembre sécheresse en Amérique du sud et sur le pourtour asiatique, le blé est concerné.
Mi janvier :Inondations en Australie et sécheresse en Chine
Fin janvier ; Impact des conditions humides en Australie et sécheresse dans le sud de la Russie.
Début février: Malgré la tempête au USA on considère que ceux ci subissent une période de sécheresse.
Il faut avoir à l’esprit que lorsque nous sommes en hiver le sud de notre globe est en été et que là bas, c’est le temps des moissons et que celles ci s’en vont au quatre coins du monde. Il s’agit presque d’un flux tendu.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une bonne semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*