Le Lucullus du dimanche #104

Amis gourmands bonjour,
Comme vous l’avez remarqué, il n’y a pas eu de panier de Lucullus la semaine dernière et cela pour cause de congés. Cependant, je ne suis pas resté allongé sur mon transat. Comme chaque année à pareille époque je me suis rendu au Salon International de l’agriculture de Paris, et j’y ai trouvé beaucoup de bonnes choses.

Tout d’abord une nouvelle qui concerne en premiers lieux les franciliens avec la création d’un logo : Saveurs Paris Ile de France. La moitié des terres de l’Ile de France est dédiée à l’agriculture aussi, ce logo a pour but de faire reconnaître les spécificités du terroir francilien. A ce jour encore peu de producteurs bénéficient de ce label mais leur nombre va en augmentant. Au delà de certains productions depuis longtemps valorisées tel le Brie de Meaux, de Melun ou le miel du Gatinais, il en est d’autre qui sont encore trop méconnues comme la bière du Vexin ou le sirop de coquelicots de Nemours. L’île de France c’est 5000 agriculteurs et pas moins de 15 000 entreprises artisanales et agroalimentaires.

La charte de ce label a été éditée par le CERVIA ou Centre Régional de Valorisation et d’Innovation Agricole et Alimentaire. Le contenu de la charte s’articule sur 3 éléments essentiels qui sont la valorisation du patrimoine régional par le savoir faire des producteur, la préservation de l’environnement par des démarches de développement durable, la valorisation des compétences par la formation. Le but est ambitieux et chaque année une commission d’agrément vérifiera le respect des engagements.

Donc c’était le salon de l’agriculture. Je dis c’était car lorsque vous lirez ces lignes celui ci sera terminé. Comme chaque année la qualité était au rendez-vous. Je me suis intéressé particulièrement aux bovins et les animaux présentés étaient de toute beauté, que cela soit les taureaux charolais ou Salers mais encore les vaches abondance ou parmi les plus rustiques les simental qui nous donne le lait servant à la tome fraîche du Cantal qui sert à réaliser aligot et truffade.
Il ne faut pas oublier la vache vosgienne, emblème de ce salon qui nous donne le lait servant à la fabrication du Munster, grand fleuron de nos fromages.

Par contre ce que je vois le plus, c’est un hiatus entre le prix payés au agriculteurs et éleveurs et prix de vente dans les rayons tant des grandes surfaces que chez le petit commerçant. C’est sur les étals que l’abus est le plus criant. Quand je lis qu’un monsieur d’Asnière, boucher de son état, trouve normal de proposer de l’entrecôte à 50€ le kilo je me demande plus où se trouvent les arnaqueurs, j’ai trouvé. Il existe heureusement nombre de boucher honnêtes et même si la viande est chère, elle est encore abordable.

Un second problème secoue durablement le monde agricole. Je veux parler de l’envolée des prix des céréales qui pénalise fortement les éleveurs qui font l’effort de nourrir correctement leurs animaux. Pour nos grands céréaliers par contre tout va pour le mieux. Pour mieux appréhender la question je vois renvoie à mes billets parlant de la bourse de Chicago, où sont fixés les principaux prix des céréales pour le monde entier.

Le salon de l’agriculture c’est aussi la rencontre avec les vignerons. En 2010 la France est redevenue le premier producteur mondial de vin. Paradoxalement la consommation française baisse. En 1950, les adultes français consommaient en moyenne et par an 100 litres de vin, alors qu’aujourd’hui celle ci n’est plus que de 40 litres.
100 litre par c’est énorme allez vous me dire. Et bien pas tant que cela. Faite le calcul 100/365 et vous obtenez 0,2739 l
soit 27 cl et quand on sait qu’un verre à vin contient 12 cl, cela faisait deux verres et demi de vin par jour. Avec 40 litres de vin cela ne fait que 11 cl. Comme quoi les chiffres peuvent être trompeur. Ce qui a changé par contre c’est la qualité de ce vin. Elle est incomparablement supérieur à ce qu’elle fut, de vin bien sûr.

Le salon de l’agriculture c’est aussi les produits du terroir que l’on goûte mais surtout c’est la rencontre avec de nombreux producteurs. Des gens amoureux de leur métier et de leur productions. Des gens qui font que le repas gastronomique à la française, inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco, ne serait pas ce qu’il est, un grand moment de pure jouissance, en communauté. Un de ces moments d’intense bonheur dont l’on se souvient des années après avec encore un frémissement de narines et un claquement de langue sur fond de nostalgie.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une bonne semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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