Le Lucullus du dimanche #110

Amis gourmands bonjour,
Pâques est passé et j’espère que vous avez gagné la course aux œufs comme le veut la tradition.

J’ai profité, quant à moi, de ces quelques vacances pour me rendre chez nos cousins d’outre Scarpe afin de goûter à leur art de vivre et ils n’en manquent pas.

Pardon? Plait-il? S’il vous plait?
La Scarpe, vous ne connaissez pas? Je comprends que cela vous perturbe.
Si je vous dis l’Escaut ou la Schelde cela vous cause t-il un peu plus? Non plus?
Aïe, on est mal barré!
Alors un peu d’histoire. La Scarpe et l’Escaut sont deux cours d’eau. Le second étant un affluent du premier qui lui, est un fleuve se jetant dans la mer du Nord aux Pays bas. L’Escaut servit longtemps de frontière avec le Saint Empire Germanique et même jusqu’en 1870 avec les fortifications à la Vauban qui émaillent sont cours.
Outre la Scarpe, les plus importants affluents de l’Escaut sont la Sensée, la Haine, la Lys, la Dendre et le Rupel. Dans ce contexte géographique, ils sont tout aussi importants que l’autre grand cours d’eau de la région, à savoir, la Meuse.

Revenons à mon propos. Je m’en suis donc allé me ressourcer dans le Hainaut, le Brabant et le Liégeois.
Quoi encore? M’interromprez vous donc toujours?
Le Hainaut ne vous dit rien non plus?
Le Hainaut est une province mixte située… bref, pour faire simple, je suis allé en Belgique. Voilà!
Ouf on y est.

Que diable allait il faire dans ce pays qui n’a que des cathédrales comme uniques montagnes et de noirs clochers comme mats de cocagne, des chemins de pluie pour unique bonsoir?
Non mais des fois je me demande où vous allez chercher tout cela. Pffff!!
Je vois que les clichés ont la vie dure et votre méconnaissance de cette région me laisse pantois.

La province de Liège est en partie dans le massif de l’Ardenne ou des Ardennes et de ce fait très vallonnée. De plus il a fait 25° C à Bruxelles cette semaine, ce qui est un temps me semble t-il propice à déguster quelques bonnes bières en mangeant une gaufre ou deux, comme savent si bien le faire nos voisins. D’ailleurs mon propos si vous cessez de me déranger et de vous parler de la gastronomie belge car elle est de haute tenue.

Que voulez vous, bon sang ne saurait mentir, quand une partie de vos origines vous titille, il faut répondre à l’appel. Une partie de mes ancêtres est du Hainaut tant français que belge.

La gastronomie belge,vous disais je, est de haute tenue. Certes tout le monde va me parler des moules frites et je dois dire que les frites au blanc de bœuf c’est quelque chose qu’il faut manger pour pouvoir en parler.

La Belgique gastronome n’a pas à rougir de la comparaison à la gastronomie française. La cuisine belge c’est bien sur le waterzooï de Gand et les produits de la mer comme les soles à l’ostendaise, mais aussi les croquettes aux crevettes grises, un délice, l’anguille au vert, les rognons au péket (genièvre), le lapin à la Lambic, les coucous (volailles) de Malines, les asperges à la flamande, le gratin de chicons aux crevettes grises, la carbonnade flamande, mais encore les pralines et chocolats les gaufres et les spéculoos, le pain perdu à la bière, les moques ou mokken.
N’oublions pas non plus les fromages bien souvent issus, comme les bières, des abbayes. Le Maredsous, le Chimay, l’Orval.
Ah la bières belges rien que d’y penser on a soif. Il en existerait plus de 600 sortes officielles et jusqu’à 1100 si l’on compte les diverses appellations d’un même produit mais vendu à l’étranger.

Juste une anecdote sur la frite. La frite aurait été inventée, à la fin 18ème siècle, dans la vallée de la Meuse, en Belgique, par des pêcheurs. Un jour de grand froid, et donc de peu de prises ils taillèrent des morceaux de pommes de terre en forme de fritures (petits poissons) et les firent frire faisant contre mauvaise fortune bon cœur. D’un autre côté, Curnonski, qui fut élu prince des gastronomes, écrivit en 1925 « les pommes de terre frites sont une des plus spirituelles créations du génie parisien ».
En effet les frites furent peut être inventées pendant la révolution française. Des friteuses ayant été installées sous le pont neuf pendant celle ci.
Les américains les appellent french fries depuis 1918, date à laquelle, ils les rapportèrent chez eux, après les avoir découvertes pendant la première guerre mondiale dans le nord de la France.
Mais peu importe qui les a créées lorsqu’il s’agit de les déguster avec un peu de mayonnaise ou arrosées d’un trait de vinaigre.

Mon périple vacancier, me conduisit d’abord à Liège où je sacrifiais au rite de la Tchantchès et à celui des fabuleux boulets nappés de sirop de Liège au péket. Il ne neigeait pas sur Liège et la Meuse ne ressemblait pas à un croissant noir sur le front d’un clown blanc.

Petite explication sur la Tchantchès. Tchantchès époux de Nanesse est né miraculeusement sut les pavés du quartier d’outre Meuse en l’an 760. La légende veut que Charlemagne ayant cassé l’anse de sa chope, lui offrit ses éperons pour les remplacer. Depuis, les tchantchès doivent d’être servies dans des choppes à deux anses.
Partant de Liège nous avons visité Louvain et ces belles demeures mais surtout son extraordinaire mairie puis nous nous sommes rendus à Bruxelles. Comme tous bons touristes, nous avons fait un tour devant l’atomium et le manneken-pis. Malheureusement je n’ai point vu l’omnibus de la place du Broukère. Surtout nous avons arpenté tout le quartier autour de grand place et ce fut un régal de tous les sens. L’architecture flamboyante du vieux Bruxelles est un régal des yeux. La gastronomie est à l’égal de son architecture et les terrasses des tavernes hautement accueillantes.

Pour finir, nous nous sommes rendus à Mons dans le Hainaut afin de boucler la boucle. Comme beaucoup de ville belges, Mons a un vaste centre ville piétonnier permettant de flâner et de choisir tranquillement l’une des 18 tavernes qui bordent la place de la mairie, afin d’y déguster une choppe pour se remettre de la balade.

Enfin quelques informations sur l’art de vivre des belges.
Traditionnellement, la journée commence par un petit déjeuner copieux, combinant des aliments sucrés (café, céréales, laitages …) et des aliments salés (la fameuse « tartine » avec fromage de Gouda et charcuterie).
Le diner ou repas du midi est assez succinct et nos voisins consomment souvent sur le pouce des pistolets ou des baguettes qui sont des sortes de sandwiches avec fromage, charcuterie, salade, éventuellement thon, crabe ou viande crue hachée…
Le souper ou repas du soir est quant à lui généreux, composé le plus souvent de plats de pommes de terre, viande, légumes et souvent terminé par un dessert. Les fromages comme le chimay ou le Maredsous arrivent souvent à la fin des soupers.
Bien entendu la boisson reine est la bière sous toutes ses formes et il y en a pour tous les goûts.

Alors n’hésitez pas à 2 heures de Paris en TGV la gourmandise, la convivialité sont à vous.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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