Le Lucullus du dimanche #113

Amis gourmands bonjour,
Je parlais, avec quelques amis de lectures et le sujet glissa vers un genre que j’affectionne particulièrement, l’Anticipation-Science-Fiction. Depuis des décennies je suis un amateur de ce genre de lecture. C’est un genre littéraire qui permet tout. Cela permet de nous regarder tel que nous sommes et cela permet d’imaginer l’avenir. J’ai l’anticipation positive. La vision noire d’un monde à venir, post nucléaire ou post apocalyptique n’est pas faite pour moi. Je vois l’avenir radieux car tel est mon bon plaisir, mon envie, mon désir le plus intime.

Il m’arrive, lorsque je lis, d’imaginer un petit monde bien à moi, un futur idéalisé, heureux ,naïf.
Est-ce là, ami gourmand, uniquement une vision toute épicurienne, rabelaisienne ?
Non bien entendu mais  » un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité ». Cet aphorisme d’Alphonse Allais me convient parfaitement.

Pourquoi voir et subir, encore et toujours, le monde parce qu’il a de plus terrible, de plus noir?
Pourquoi se repaître à satiété du malheur et de l’immonde?
Pourquoi cette automutilation permanente de l’esprit?
Les hommes en tirent-ils une jouissance insane ?
Les infos nous en donnent assez à voir et à entendre comme cela.

Je préfère avoir une vision du futur plus bucolique, plus idyllique plus amoureuse, sans pour autant être naïf ou ignorant. Au fond de moi même je sais que la raison doit demeurer vigilante. Sans fuir la la réalité, je préfère me plonger avec délice et gourmandise dans un bonheur bien tangible même s’il se cache dernière cette noirceur. Je préfère m’en délecter. Le monde est beau si l’on veut le regarder avec amour et tolérance.
Cependant, disait Courteline, « s’il fallait tolérer aux autres tout ce que l’on se permet à soi même, la vie ne serait plus tenable ». Il y a un côté égoïste au bonheur…

Les beaux jours sont là, les vacances approchent doucement et tous, nous les attendons avec impatience. Alors projetez vous dans le futur, non pas en siècles ou décennies mais en mois, en semaine.
Imaginez vous cette été, l’endroit n’importe que peu au final Mettez vous en situation. Imaginez les couleurs qui vous entourent, les odeurs qui vous titillent les narines, les bruits qui bruissent à vos oreilles.

Allez un petit effort vous y êtes presque.

Pensez donc, il est 12.00, vous êtes là, allongé, immobile à l’ombre dense d’un arbre, les yeux fermés et vous ouvrez vos sens au monde qui vous entoure.
Sentez vous l’odeur un peu acide des pins et la fragrance d’un touffe de thym ou de serpolet qui vient adoucir l’ensemble ?
Entendez ce bruissement incessant uniquement entrecoupé du clapotis de la vaguelette qui vient doucement s’étaler sur le sable chaud ?
Sentez vous sur votre peau la chaleur du soleil qui se réverbère sur les roches ocres qui vous entourent ?
Percevez vous cette stridulation permanente que font les cigales ?
Vous percevez tout cela ?
Alors vous vous dites que venir déjeuner au bord de l’eau dans cette petite crique isolée c’est le bonheur sur terre.
Et là vous vous savez que c’est le moment d’ouvrir la glacière, de sortir la tapenade et l’anisette avant d’attaquer la salade niçoise et le chèvre à moins que vous ayez choisi un pan-bagnat.

C’est le bonheur…

Rêvez donc, il est 6.00, vous sortez de chez vous, tout est calme, il fait beau. Quelques grillons stridulent encore alors que vous ramassez vos cannes, votre gibecière et que vous vous dirigez tranquillement vers la rivière encore endormie.
Arrivé sur place, vous déposez votre matériel, vous humez l’air frais et vous vous posez là sur un gros rocher affleurant.
Personne, vous êtes seul au monde ou presque. L’air commence à s’échauffer sous les premiers rayons du soleil. Quelques libellules commencent déjà à virevolter et des ronds se dessinent dans l’eau, les prédateurs sont à la chasse.
Vous déballez tranquillement les gaules, amorcez et placez les lignes à poste. Une fois sur leur support, c’est le moment du petit déjeuner au bord de l’onde.
Du fond de la gibecière vous sortez un thermos de café, un peu de pain, un peu de fromage de chèvre. Le café vous réchauffe et vous croquez dans la tartine.
Les odeurs se mêlent aux saveurs pour faire de ces instant u moment privilégié.

C’est le bonheur…

Imaginez donc, 20.00, vous êtes sur la terrasse de votre chalet, à flan de colline, face au soleil déclinant. L’astre irise encore de sa lumière mourante les sommets de la crête devant vous. L’air encore tiède s’apaise et embaume du parfum des fleurs qui éclaboussent de leurs couleurs la prairie environnante.
Sur la table, les verres de l’apéritif sont remplis d’un Marestel bien frais et sur le côté rougeoient les braises de barbecue. La soirée s’annonce sous d’excellents auspices.
Le ciel se pique déjà de nombreuses étoiles lorsque vous mettez les petites saucisses au cumin à griller doucement. Vous pouvez allez cherchez les verrines de mousse de thon à la betterave.

C’est le bonheur…

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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