Le Lucullus du dimanche #114

Amis gourmands bonjour,
Avez vous suivi l’activité politique relative à la pêche et surtout à la surpêche?
Après que les négociations sur la pêche au thon rouge se soient soldées par un bide lamentable, il semble que, madame Damanaki, de son état commissaire européenne aux affaires maritimes et à la pêche, mette les pieds dans le plat, de poissons si j’ose dire, car je pense qu’une arête doit lui être restée en travers de la gorge.

La commission a annoncé, le 25 mai, que faute de données justes et de recommandations scientifiques appropriées, il serait appliqué un principe de précaution et qu’il aurait une répercussion immédiate sur les quotas de pêche.
Je cite:
« Lorsque nous n’aurons pas de données et de recommandations scientifiques claires sur l’état d’un stock, nous appliquerons le principe de précaution, ce qui veut dire une baisse de quota ».

Cette dame, dont je soutiens pleinement l’action, met les gouvernements concernés, dont celui de la France, face à leur incurie. La commissaire déplore les déclarations inadéquates des états membres quant au niveau des captures réalisées.
« C’est aux États membres qu’il incombe de fournir des données scientifiques sur le niveau de pêche chez eux et force est de constater que certains d’entre eux manquent en partie à leur obligation » renchérit elle. Elle est bien pour une commissaire… européenne.

Une autre info, un peu passée sous silence, dans notre presse obnubilée par une affaire de viol présumée outre atlantique, a attirée mon attention.
Une seconde maladie vient d’être officiellement déclarée éradiquée. Après la variole c’est le cas de la peste bovine. C’est ce qu’a annoncé l’OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale).

Les pays membres de l’OIE, réunis à Paris, ont adopté une résolution qui reconnaît officiellement que les 198 pays et territoires dans le monde dont les populations animales sont sensibles à la peste bovine sont « indemnes de la maladie ».

Cette peste a, par le passé et notamment au 18 et 19ème siècles, décimé de nombreux cheptels et conduit à des famines atroces dans le monde. Entre 1712 et 1714 90% du cheptel bovin européen a disparu. C’est à la fin du 19ème que la moitié des kenyans sont morts suite à la disparition de leur cheptel.

Il faut savoir que, si en France depuis 1766, on a une école vétérinaire, c’est à cause de la peste bovine.
Ce n’est qu’en 1957 que le premier vaccin efficace fut trouvé alors même que l’OIE fut fondée en 1924 suite à une nouvelle apparition de la peste bovine en Europe. Elle était arrivée via le port d’Anvers.

Comme pour la variole, le virus de la peste bovine est conservé dans des laboratoires afin de pouvoir rapidement produire des vaccins au cas ou celle ci réapparaîtrait en cas d’accidents ou d’actes délibérés.

Gaspillage? Vous avez dit aberration? Autant les deux infos précédentes me plaisaient bien, que celle ci me révulse un tantinet.
Une étude britannique, toute récente, montre que nos voisins d’outre Chanel sont des manches.
Sur les 8 millions de tonnes de nourriture et de boisson jetées à la poubelle chaque année au Royaume-Uni, 5 millions de tonnes seraient encore comestibles.
Selon cette étude cela couterait en moyenne 795 € par contribuable, rien que cela.

Afin de tenter de remédier à ce problème, le gouvernement de sa gracieuse majesté a décidé de supprimer la DLUO des produits tout en conservant la DLC.
Hé hé hé! Vous ne comprenez rien là? m’étonne pas moi non plus.
Pour mémoire, la DLC ou Date limite de Consommation indique que, passés cette date, le produit présente des risques pour la santé en cas de consommation.
La DLUO indique seulement que les qualités gustatives ne sont plus garanties par le fabricant.
Beaucoup de consommateurs mélangeant les dates préfèrent jeter des produits tout à fait sains

Mais ne rigolez pas de nos voisins britanniques. D’après l’ADEME ou Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, chaque français jette en moyenne 7 kg de produits alimentaires encore tout emballés. Faites le calcul vous même sur une base de 60 millions de français, cela fait 420 000 tonnes de produits alimentaires gaspillés. Si l’on prend le même ratio qu’à Londres cela fait 262 000 tonnes de produits encore comestibles. Une paille n’est ce pas?

Cela m’amène à la dernière info de ce billet, la hausse des prix alimentaires.
Le magasine « 60 millions de consommateurs » prévoit une hausse sensible du prix des produits alimentaires. La hausse moyenne depuis novembre pour la farine, le café, les jus de fruits, les produits laitiers ou les poissons surgelés atteint 3% en moyenne mais, comme le fait remarquer le mensuel, cela peut atteindre 20% selon les enseignes.

Alors aujourd’hui comme hier et encore plus demain vérifiez votre frigo et n’achetez que ce que vous consommez. C’est une affaire, si ce n’est de bon sens et même d’intelligence, tout au moins de gros sous. Redescendre au magasin acheter le produit qui manque ne gène que par le temps perdu alors que jeter de la nourriture parce qu’on a pas été vigilent ou tout simplement prudent c’est comme jeter son salaire à la poubelle.
Vous faites comme vous voulez mais si vous avez de l’argent en trop je suis preneur.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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