Le Lucullus du dimanche #115

Amis gourmands bonjour,
La France subit une sécheresse au moins aussi grave que celle de 1976 nous disent les spécialistes de l’INRA. Ce qui est vrai c’est que les moissons commencent en avance comme pour l’orge en Charente avec 20 jours d’avance. Les rendements baissent en passant, dans l’exemple donné, de 65 à 40 quintaux l’hectare. Les éleveurs se plaignent, à juste titre, de la hausse continue du coût des productions, principalement due aux renchérissements du coût des engrais et de l’énergie mais surtout des aliments pour animaux, qui était de 26% sur un an en avril pour ce dernier point.

Je vous ferai grâce de la longue litanie des chiffres, des pourcentages et des statistiques qui vont avec. Cependant, je vous ai déjà parlé, ici même, du marché à terme de Chicago, principale place mondiale de trading des céréales. C’est dans le mensuel Investir, pour une fois je vous donne mes sources, qu’Emmanuelle Ducros signe un article très intéressant sur ce qui se passe là bas mais aussi en Europe. Le prix du blé vient de chuter de 13% en 3 semaines.

Cela pourrait être une bonne nouvelle sauf que la chute des prix, après de longues périodes de hausses continues, ne provient pas d’une surabondance de biens, qui ferait jouer l’offre et la demande, mais malheureusement d’une pure spéculation.

En effet; sur la place de Chicago, 35% des positions sur le blé proviennent de fonds spéculatifs comme ce fut le cas sur l’immobilier ou sur la dette. Le relâchement du marché ne vient que des prises de bénéfices massives réalisées par ces fonds spéculatifs. La financiarisation des marchés agricoles à de quoi inquiéter la ménagère. Jusqu’à maintenant, les agriculteurs et spécialistes du monde de l’agro-alimentaire avaient comme premier facteur de fluctuation des cours, le temps qu’il fait au dessus de nos têtes.
Mais les spéculateurs se foutent complètement de faire de la farine avec le grain ainsi acheté. Eux, veulent faire du blé, de l’oseille mais vous l’aurez compris au sens figuré de ces termes.

Les marchés des céréales, pour ne parler que de celui ci est totalement mondial et les grandes industries consommatrices de telle ou telle semence, mais aussi d’oléagineux (colza et maïs) suivent les productions aux quatre coins de la planète. Comment peuvent faire les états, soucieux de maintenir un niveau stable de prix à la production et à la consommation, pour endiguer et contenir ces spéculations destructrices?

Comment les états peuvent ils remédier à tout cela et peser sur les fluctuations des cours et les variations monétaires?

Les USA ont un système de régulation des marchés à terme ou les investisseurs doivent déclarer vers quel type de trading ils opèrent, financier ou commercial. C’est la transparence des mouvements financiers.
Il est question que le Liffe du NYSE Euronext qui gère les options et contrats à terme en Europe utilise le même système. C’est grâce à celui ci qu’on peut connaître la part du purement spéculatif dans la cotation des marchés à terme.

Le LIFFE fait référence au London International Financial Futures and Options Exchange. C’est une bourse de contrats à terme ou d’options sur instruments financiers ou sur des marchandises. (source: . Par extension les autres bourses ont mis au point un tel système.
Le Liffe a fusionné avec le MATIF (Marché à terme International de France). Comme quoi tout est bien lié en ce bas monde.

Tout cela me donne des migraines, et je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais j’irai bien à la pêche. Comme chaque année à l’été approchant l’envie de sortir mes gaules et d’aller voir si quelque part l’ablette frétille ou si le sandre est toujours vorace me rattrape et me trotte dans la tête.
Partir, poser ses cannes et arrêter de gamberger, être bien tout simplement.
Ne rigolez pas, pour en avoir discuté avec certains d’entre vous, l’heure des congés s’avançant le désir de partir grandit tout autant.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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