Le Lucullus du dimanche #49

Amis gourmands bonjour,
L’automne est là avec tous ses plaisirs qu’il ne faut pas bouder.
L’automne n’est pas une saison triste qui nous rappelle que l’été est bien fini et que l’hiver arrive.
L’automne c’est une vigueur. C’est la force et la vie de la nature dans toute son acceptation.
L’automne c’est un ensemble de saveurs, des goûts mais aussi d’odeurs et de visions.
L’automne c’est comme une fin d’après-midi active avant le soir.
L’automne c’est le brouillard qui monte des plaines, où la terre moissonnée se délasse.

L’automne c’est pour moi les promenades en forêt à la recherche des champignons, l’odeur des feuilles humides tombées aux pieds des arbres, le petit froid du matin.
L’automne, dans mes souvenirs, ce sont des ballades aux Baux de Provence ou dans les Cévennes vers St Ambroix. C’est aussi le soleil couchant sur le pont du Gard qui irradie d’un reflet mordoré les gorges du Gardons.
C’est aussi la mer qui hurle parfois sous le vent. L’air vivifiant de la pointe de Chassiron, quand l’écume portée par le vent vous gifle et vous rougit les joues.

Ne vous y trompez pas ce n’est pas un endormissement, bien au contraire, c’est une période riche d’activités tant pour nos fermiers que pour la nature elle même.
D’ailleurs l’automne c’est la saison des vendanges et l’espoir d’autres plaisirs.
C’est aussi le moment où nos ostréiculteurs travaillent d’arrache pied pour préparer les fêtes à venir.

L’automne c’est l’arrivée sur nos étals de nouveaux fruits et légumes tous aussi délicieux les uns que les autres.
Les blettes, les brocolis mais aussi le potiron, la chicorée et les endives, les champignons bien sûr…
Les pommes, les poires, les noisettes et les noix mais aussi les clémentine et les mandarines…
L’automne est riches de goûts et de plaisir qu’il ne faut pas bouder.

Enfin et dans un tout autre registre je veux vous citer dans sa totalité ce billet d’Herve This
Hervé This vient d’adresser le courrier suivant à la direction du Dictionnaire Le Robert :
Monsieur le Directeur,

Le Petit Robert m’honore indirectement en introduisant l’expression  » cuisine moléculaire  » dans ses pages et ses publicités, mais je suis désolé de vous signaler une erreur dans la définition, que vous donnez :
 » approche scientifique de la cuisine basée sur l’étude des réactions physicochimiques à l’oeuvre lors de la préparation des plats et qui consiste à modifier naturellement la teneur moléculaire des aliments « 

En effet, la cuisine moléculaire n’est pas une approche scientifique de la cuisine, mais  » une mode culinaire qui fait usage de résultats de la science, et introduit de « nouveaux  » ingrédients, méthodes, ustensiles ; le terme  » nouveau  » est évidemment imprécis, mais il désigne ce qui n’était pas présent en cuisine, en France et dans les pays d’Occident, avant les années 1980.
D’autre part, je suis surpris que votre définition utilise un  » basé sur « , qui, bien qu’admis, choque des puristes qui préféreraient un  » fondé sur « .
Ce n’est hélas pas tout : la cuisine moléculaire ne cherche pas à modifier  » naturellement  » la teneur moléculaire des aliments, expression qui n’a pas de sens, car toute intervention humaine est artificielle, et non naturelle, par définition. Enfin, je crains que vos rédacteurs n’aient fait une confusion entre cuisine moléculaire, d’une part, et gastronomie moléculaire, d’autre part. Je préfère vous donner des définitions justes, pour une prochaine édition :

Gastronomie moléculaire: discipline scientifique, branche de la physico-chimie, qui cherche les mécanismes des phénomènes qui surviennent lors des transformations culinaires (introduite en 1988 par le physicien britannique Nicholas Kurti et par le chimiste français Hervé This).

Cuisine moléculaire: mode culinaire qui utilise les résultats de la gastronomie moléculaire, et contribue à rénover les techniques culinaires.

Croyez, Monsieur le Directeur, à mes sentiments distingués.

Pour le coup le Petit Robert a fait montre d’un attitude totalement non professionnelle en ne rencontrant pas Hervé This, un des deux fondateurs de la gastronomie moléculaire. Cela jette un doute quand au sérieux de cette maison ou pour le moins des personnes chargées d’introduire de nouvelles définitions dans cette institution qu’est la Petit Robert. Espérons que celui ci fasse preuve d’un peu plus de sérieux dorénavant.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine
Gastronomiquement Votre, Lucullus

Le site de la Confrérie des amis de Lucullus

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