Le Lucullus du dimanche #52

Amis gourmands bonjour,
A quoi ça sert?
On entend souvent cette petite phrase lorsqu’on parle de recherche scientifique, quelque que puisse en être le domaine d’ailleurs. Lors d’une soutenance sur le changement de couleur du safran lors d’une cuisson longue, un étudiant s’est vu demander par un biologiste du jury  » mais, a quoi ça sert? ».
Question saugrenue s’il en est de la part d’un scientifique.

Je ne peux, ici, que reproduire le commentaire d’Hervé This à cette anecdote:
« Il est temps de dire, de redire, de répéter sans cesse, que la science ne sert qu’à produire des connaissances ! Elle ne doit surtout servir à rien, sans quoi elle n’est plus de la science, mais de la technologie. Or, si la science ne produit pas de connaissances nouvelles, alors la technologie ne peut pas innover et la technique ne progresse pas. « 
Je ne peux qu’approuver

Toujours dans l’avancée scientifique et technologique, la question s’est posée de savoir si les couteaux à lame céramique donnaient un meilleur goût aux juliennes en comparaison des couteaux à lames d’acier et plus précisément quel est l’action physico-chimique des couteaux sur les tissus qu’ils coupent.
Le scientifique peut vous paraître bizarre mais il existe quantité de phénomène lié à la cuisine en général dont la connaissance est empirique, c’est à dire qu’elle n’a pas été vérifiée scientifiquement.
Il naît souvent de ses absences des légendes que j’appellerai culinaires mais là n’est pas la question.

Vous pourrez toujours répondre comme Rabelais dans son Pantagruel que, sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Oui mais, la conscience des effets possibles de la découvertes ne vient qu’après la connaissance issue de la recherche.
Bien souvent vous ne cherchez pas non pas pour savoir à quoi ça sert ou pourrez servir mais pourquoi ça fonctionne ainsi.

Le débat sur les OGM n’est pas différent. Suite à des découvertes, j’oserai dire de base, l’industriel s’est posé la question « mais qu’est ce que je vais en faire »…de cette découverte.
Bien souvent rien, du moins dans l’immédiat. Ce n’est qu’après une période de maturation qu’un usage s’en dégage.

La recherche dite agricole n’est d’abord que recherche de connaissances nouvelles. Car lorsqu’on découvre et même si l’on veut en faire quelque chose, lui trouver une utilité , rien ne dit que celle ci existe ou qu’elle convienne àal personne qui en a entrepris la découverte.

Après les OGM parlons un peu de BIO et rappelons cette mesure issue du Grenelle de l’environnement:
« 20% de produits bio en restauration collective publique pour 2012. »
On ne peut que se réjouir de se genre de mesure mais répéter également que biologique ne veut pas dire écologique.

Êtes vos un locavore qui s’ignore ou qui aimerait l’être?
Le localvore est une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon allant de 80 à 240 kilomètres maximum autour de son domicile.
Bref préférez des produits sains et produits non loin de chez vous, pour autant faire qu’il se peut, plutôt que de chercher des pommes bio d’Argentine par exemple ou des kiwis de Nouvelles zélande.

Je dois avouer que cela demande une réelle attention et génère pas mal de difficultés mais je pense que l’enjeu est intéressant même si, évidemment on ne peut pas uniquement s’astreindre à ce genre de processus.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine
Gastronomiquement Votre, Lucullus

Le site de la Confrérie des amis de Lucullus

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