Le Lucullus du dimanche #72

Amis gourmands bonjour,
Dans mes derniers billets, j’en ai régulièrement après les pêcheurs, que je considère bien souvent, comme les fossoyeurs des mers. Aussi lorsqu’on peut se féliciter du comportement de certains d’entre eux il convient de la mentionner et même de leur faire de la publicité.
Le label MSC pour Marine Stewardship Council vient d’être décerné à l’armateur Euronor dont l’entreprise est la première en France à recevoir ce label relatif à la pêche durable. L’attribution de ce label fait suite à un audit de 13 mois et un suivi par satellite des 7 chalutiers de cet armateur Comme je le mentionnais dans le panier n°24 (21 juin 2009) ce label a été créé par le WWF.
Bientôt sur certaines barquettes de poissons on pourra voir le label MSC souvenez vous en lorsque vous ferez vos courses.

Voyage au pays des semenciers.
Seules quelques multinationales règnent sur le monde de la semence. Tout le monde connaît Monsanto mais il ne faut pas oublier les grands groupes chimiques que sont Bayer, Dow, ou Syngenta qui sévissent dans nos campagnes.
Sans vouloir tomber dans un militantisme excessif je me demande bien pourquoi les paysans ne peuvent pas choisir les graines des plantes qu’ils veulent cultiver.

Les types de semences leur sont imposés par l’UPOV ou Union des protections des obtentions végétales.
Qu’est donc que l’UPOV?
C’est une union internationale dominée par les lobbies semenciers qui tente à imposer sous couvert de promotion d’un système efficace de protection des variétés végétales (voir projet de loi du sénat 19/09/2002) une industrialisation et une privatisation des semences. En fait cet union impose aux paysans de passer par des semenciers qui garantiraient la qualité de leurs semences. Tout cela est bel et bon sauf que la plupart de ces semences sont stériles et enrobées de pesticides et autres saloperies. Certes il est vraiment difficile de se passer de pesticides mais cela n’est pas impossible. Il existe, soyez en sûr, de vrais paysans qui ne sont pas des ouvriers de l’industrie chimique.

Car où en est on?
On est arrivé à un point ou notre cultivateur produit des graines stériles ce qui est un comble pour qui veut nourrir la population.
Je pensais qu’un des premiers combats de toute personne soucieuse de l’environnement et de la santé des gens serait de faire interdire les semences stériles et de redonner ainsi aux agriculteurs leur liberté de paysan.
L’UPOV est à rapprocher de l’OCVV ou Office Communautaire des Variétés Végétales qui permet aux industriels de breveter les types de semences qu’ils vendent. Ainsi l’agriculteur est il totalement sous la dépendance des ces grands groupes

Extrait de la page d’accueil de l’OCVV (http://www.cpvo.europa.eu/main/fr/accueil/a-propos-de-locvv/sa-mission)
Objectif
Un régime de protection communautaire des obtentions végétales, a été institué sur base d’un règlement communautaire. Il s’agit d’un régime spécifique permettant l’octroi de droits de propriété industrielle pour des variétés végétales, valable sur l’ensemble du territoire de la Communauté.

Bref c’est la confiscation de la flore mondiale au profit des industriels car tout ce qui n’est pas au catalogue officiel est interdit de vente et même d’usage. C’est quand même un scandale qu’on nous impose ce que nos paysans ont le droit de cultiver et donc nous de manger. Je me tape de savoir si nos énarques bruxellois chipotent leur nourriture mais moi je veux pouvoir manger ce qui me plait.

En France c’est le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants qui est l’organisme de contrôle et de certifications des plants ayant vocation a appartenir au catalogue officiel des semences et plants. Dans tout cela point de paysans mais des industriels.
D’ailleurs le site du GNIS (www.gnis.fr) le dis très bien, un des but est de défendre les intérêts de la filière semences.
La semences et un business lucratif. 800 nouvelles variétés et seulement 30% d’entre elles sont homologuées après avoir subit les test DHS (distinction, Homogénéité, stabilité) et VAT (Valeur agronomique et Technologique)
A ton l’utilité, autre que pécuniaire, de tant de variétés nouvelles alors que la biodiversité naturelle nous fournit tout et même plus de nos besoins?
Je m’interroge sur le sujet et je me dis que l’argent pour l’argent pourrit bien un peu plus chaque jour notre monde.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

Le site de la Confrérie des amis de Lucullus

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*