Observations sommaires de où va l’argent public

Avec mon oeil de citoyen lambda,
je regarde et je suis effaré par l’utilisation de fonds publics de la France depuis 2002 qui vont dans les poches de politiciens, dont certains cataloguent certaines catégories de Français, de privilégiés.

Alors regardons un peu tout ça.

Pour la clarté de la démonstration, je me garderai d’actualiser, sur une même base, les sommes rapportées. Tout d’abord, parce que ce ne serait pas aisé de le faire, et parce que le but n’est pas de rechercher le million mais de montrer les volumes d’argent engagés.

Et comme je l’ai déjà écrit lorsque j’ai traité la sécurité sociale, si les chiffres ne sont pas tout à fait exacts, ce n’est pas là qu’est le problème.

Par ailleurs, dans le même ordre d’idée, je ne m’arrêterai pas aux dates d’application des évènements cités, parce que ça équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin.

Sous l’ère Chirac,

s’agissant des députés,

sa majorité a procédé à l’augmentation de 70% de l’indemnité mensuelle de chaque député, soi-disant justifiée par la suppression des fonds spéciaux avant 2002, par Lionel Jospin.

Cette indemnité mensuelle était, en 2002, de 7800 euros pour passer à 13260 euros soit +5460 euros par député

Comme l’assemblée nationale est composée de 577 députés, cette opération coûtera jusqu’en 2012 :
5460 euros mensuels X 577 députés X 12 mois X 10 années = 378 050 400 euros arrondis à 378 millions d’euros.

Comme ça ne suffisait pas, il y eut vote, en 2003, pour la mise en place d’une indemnité chômage, portant leurs indemnités de 6 à 60 mois, pour les députés battus, autrement appelée ASSEDIC révolutionnaire des députés, même si une cotisation de 0,5% fut mise en place au même moment, car le rendement ne sera pas immédiat.

Compte tenu qu’il faut connaître le nombre de battus et la durée de chômage de chaque député, je suis dans l’incapacité de chiffrer cette ligne de dépenses cadeaux.

s’agissant des ministres,

les députés de la majorité, satisfaits du cadeau qu’ils ont reçu, on le serait à moins, ont approuvé l’augmentation de 30% du salaire des ministres.

Ce salaire mensuel était, en 2002, de 10 696 euros pour passer à 13 905 euros soit +3 209 euros.

Comme aujourd’hui, il y a 38 ministres dans le gouvernement Fillon excepté Fillon,
je prends ce nombre pour dire que cette opération coûtera jusqu’en 2012 :
3209 euros mensuels X 38 ministres X 12 mois X 10 années = 14 633 040 euros arrondis à 14,6 millions d’euros.

Sous l’ère Sarkozy,

s’agissant du paquet fiscal autrement appelé loi TEPA, avec son bouclier fiscal,

son coût annuel est estimé à 13,6 milliards d’euros (chiffres de Christine Lagarde).

Voté en 2007, cet impérial cadeau aux nantis de la France coûtera jusqu’en 2012 :
13,6 milliards d’euros par an X 5 années = 68 milliards d’euros

s’agissant du budget de l’Elysée

il est en hausse de 9,1% en 2008, soit la bagatelle de plus 9,2 millions d’euros

ce qui coûtera, jusqu’en 2012, mais probablement aussi les années suivantes :
9,2 millions X 4 années = 36,8 millions d’euros

auxquels il faut ajouter, l’augmentation de 140% du salaire de Sarkozy, passant de 101 488 à 240 000 euros par an, soit une augmentation de 138 512 euros.

ce qui donne jusqu’en 2012 :
138 512 euros x 4 années = 554 048 euros arrondis à 0,6 millions d’euros.

Et petit retour en arrière pour dire que, sous l’ère Chirac, le budget de l’Elysée fut multiplié par 9, pour lequel je suis dans l’incapacité de chiffrer.

s’agissant du budget de la communication du premier ministre,

en 2009, il est en augmentation de 300%, passant de 5,8 à 23 millions d’euros soit +17,2 millions d’euros par an

ce qui donne jusqu’en 2012 :
17,2 millions X 3 années = 51,6 millions d’euros.

Je récapitule les dépenses supplémentaires jusqu’en 2012 :

– Augmentation indemnité des députés = 378 millions d’euros
– Augmentation du salaire des ministres = 14,6 millions d’euros
– Le paquet fiscal = 68 milliards d’euros
– Augmentation du budget communication du premier ministre = 51,6 millions d’euros
– Augmentation du budget de l’Elysée sous l’ère Sarkozy = 36,8 millions d’euros
– Augmentation du salaire de Sarkozy = 0,6 millions d’euros

soit au total, pour ce qui est chiffrable = 68,481 milliards d’euros soit 449 milliards de francs

auxquels il faut ajouter, ce que je ne parviens pas à chiffrer et qui est considérable :
– les indemnités de chômage des députés pouvant aller jusqu’à 60 mois
– l’augmentation du budget de l’Elysée sous l’ère Chirac

et comme dirait Anne Roumanoff, on ne nous dit pas tout.

Comme vous pouvez le constater, ils se sont tous bien servis, avec leurs amis.
La crise, ils ne la connaissent pas.

Et vous, qu’en dîtes vous ?

Les entreprises du CAC 40 se sont partagés les profits suivants :

en 2006, 95 milliards d’euros
– en 2007, 97 milliards d’euros
– en 2008, 94 milliards d’euros

Le groupe Total annonce, pour 2008, 14 milliards d’euros de profits, alors qu’il est impliqué dans la crise qui secoue les Antilles (Guadeloupe, Martinique), et que notre approvisionnement en carburant est toujours aussi cher.

J’espère que tous ces éléments mis en perspective, seront de nature à susciter votre méditation, vos interrogations, vos étonnements, vos réflexions, etc….

Et pour finir, ne manquez pas cet excellent article Seulement 18 mois et … dans quel état est l’entreprise France !

A bientôt.

Edit du 17/02/09 :

Un de plus à être bien servi et à ne pas connaître la crise.

Il s’agit de Jean Pierre Jouyet, président de l’AMF (autorité des marchés financiers) qui voit son salaire passé de 149 000 à 228 723 euros par an, suite à un arrêté publié au journal officiel en date du samedi 14 février 2009.

Décision prise par Le ministre du Budget Eric Woerth, avec effet rétroactif au 15 décembre 2008.

Cette décision s’accompagne de commentaires dont on n’a que faire. Seul, le résultat scandaleux compte.

Edit du 19/02/09 :

Début novembre 2008, la cour des comptes présidée par Philippe Séguin, épingle lourdement la gestion du Palais Bourbon.

Réalisé entre janvier et mars dernier à la demande du président de l’Assemblée, ce texte pointe une augmentation du budget de 47% en dix ans, soit :
—> 30% de plus que l’inflation et,
—> 10% de mieux que le budget de l’Etat !

Le budget du palais Bourbon, autrement appelé dotation, s’élève, pour 2009, à 533,91 millions d’euros,
ce qui signifie qu’en dix ans, ce budget a subi une augmentation de 152,44 millions d’euros.

Une paille, n’est ce pas ?

Quand c’est l’argent des autres, en l’occurence, le nôtre, ces gens là ne comptent pas.

Édit du 21/03/2009

Eud’la très bonne information anti intoxication fiscale, avec notamment : « Comment contrer les arguments à la con de la droite », en cliquant sur le lien bouclier fiscal.

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