Qui était VRAIMENT Guy Môcquet ?

Ce soir, les joueurs de l’équipe de France de Rugby s’opposeront à ceux de l’équipe d’Irlande.

Ce soir aussi, les (télé-)spectateurs auront peu de chance d’échapper à la lecture de la lettre de Guy Mocquet, symbole de la Résistance récupéré par le pouvoir en place – selon l’esprit de confusion des genres qui lui est propre.

Mais… ce Guy Môcquet qu’on nous vend à toutes les sauces depuis le 6 mai dernier, qui est-il ? Pourquoi lui ?

Tombons d’abord une idée reçue. Guy Môcquet n’était pas résistant, bien au contraire. Ce jeune homme, lors de son arrestation, distribuait des tracts du Parti Communiste de l’époque, conforme aux accords Molotov Ribbentrop.

Pour mémoire, les accord Molotov Ribbentrop ont été signés en août 1939 entre les autorités du IIIè Reich et Staline. Pour faire bref, ces accords de non-agression Germano-Soviétique ont permis aux nazis d’envahir l’ouest de l’Europe sans être gêné par le front Est.

Guy Môcquet donc, distribuait lors de son arrestation, des tracts prônant l’abandon, le renoncement pour les Français de défendre leur territoire et leur Patrie.

Pourquoi alors en a-t-on fait l’un des parangons de la résistance ?

Tout simplement parce qu’il s’est trouvé – façon de parler – au bon endroit, au bon moment.

Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux après avoir été raflé le 15 octobre 1940 au métro Gare de l’Est, et surtout après avoir été acquitté, il est transféré pour simple détention au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), dans la baraque 10, où étaient détenus d’autres communistes.

C’est dans ce baraquement qu’il rencontre Rino Scolari avec qui il se lie d’amitié. Scolari jouera un rôle important dans sa reconnaissance posthume puisqu’il deviendra l’un des responsables FFI lors de la libération de Paris.

Malheureusement, cette incarcération se transforme en cauchemar le 20 octobre 1941, juste après le meurtre de Karl Hotz, Lieutenant-Colonel de l’armée d’occupation, par 3 communistes puisque le gouvernement de collaboration du Maréchal Pétain[1], sommé de réagir, décide de mettre à mort du communiste pour compenser.

Nous connaissons la suite. C’est à cette occasion que Guy Môcquet, le plus jeune incarcéré, celui qui marquera les mémoires, meurt évanoui au peloton d’exécution non sans avoir écrit la lettre qu’on nous rabâche, la veille, à ses parents.

Maintenant, je m’interroge sur un point. Que signifie la mise en exergue d’un personnage qui défendait des valeurs contraires à celles pour lesquelles nous entretenons sa mémoire ? Que signifie de porter au pinacle ce seul personnage, au détriment des vrais résistants ?

Est-ce parce qu’il nous faut nous aussi renoncer ? Je m’interroge !

Notes

[1] En cours de réhabilitation « révisionniste » par certains catholiques

Giskette

Geekette coquette avec un chat et un gros défaut... mes parents : je m'appelle Gisèle

7 réponses

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