Seychelles que j’aime (Part six & final)

L’impression était tout d’abord bizarre mais très vite, ce fut fantastique. De là-haut, la vue était grandiose. Je me suis donc élevé à une vingtaine de mètres, au moins, au-dessus de l’eau et j’ai pu ainsi embrasser toute la baie. Que c’était beau ! Le bateau s’éloignant quelque peu du rivage, je me suis rapproché de la barrière de corail. Là, je vis d’abord deux immenses raies qui nageaient paisiblement. Peut-être étaient-ce des Mantas. L’eau naturellement claire et les fonds sablonneux donnaient à croire que la hauteur où je me trouvais était plus importante.

J’en fus un peu stressé sur l’instant, mais bien vite je pris plaisir à admirer le panorama. Je vis ensuite deux ou trois « Jean-Louis » qui cherchaient une proie. Tous ces gros poissons se trouvaient bien sûr à l’extérieur du récif. De là-haut, je pouvais voir les collines environnantes qui tombaient dans la mer. Je voyais aussi les hauts sommets des volcans éteints qui avaient créé ces îles merveilleuses. Tout était baigné par le soleil et les couleurs avaient des teintes lumineuses.

Redescendu sur terre, je fis, tout comme mes collègues « matafs », connaissance des belles autochtones à la peau joliment cuivrée et aux regards enjôleurs. Nous les invitâmes à partager notre dîner. Ce fut donc en charmante compagnie que, Sam et François, revenant de leur balade, me trouvèrent à leur arrivée. Après l’orage quotidien, pendant lequel, j’étais allé récupérer mon second uniforme, nous nous sommes installés dans le salon de jardin de l’hôtel, pour que, devant une bonne bière bien fraîche, mes acolytes puissent me raconter leurs pérégrinations en ces lieux magnifiques.

Le repas du soir fut une féerie, avec langouste et brochettes. L’ambiance était à la fête et c’est en compagnie de mon amie que je passais ma dernière nuit complète sur cette île paradisiaque.

Le lendemain, dix décembre 1977, je travaillais. Au matin, réveillé par le concierge de l’hôtel dès six heures, je donnais rendez-vous à ma copine pour le soir vingt heures. La journée se passa calmement, beaucoup de monde du bord se trouvait en ville. J’activais donc le service au maximum avec au coeur l’impatience de retourner là-bas. Lors des brefs moments de détente, je me suis rendu sur le pont P3 pour admirer une fois de plus le paysage environnant, au moyen du binoculaire de poursuite. Dès la fin du service, je fonçais littéralement prendre une douche et enfiler mon uniforme blanc dans lequel nous étions relativement élégants. L’uniforme blanc comportait outre un pantalon à pont en coton, une coloniale. Il y avait aussi la possibilité d’enfiler par-dessus, une vareuse blanche également, très légère et très commode avec ses grandes poches.

Je rejoignis donc mes amis qui tout comme moi la veille m’attendaient sur le quai. Là point de copine. Elle avait trouvé une autre âme soeur. Comme on dit dans la marine, « Une de perdue, dix de retrouvées et une femme dans chaque port ». Nous sommes allés dans un petit restaurant que je ne connaissais pas où la nourriture avait un caractère beaucoup plus familial et agréable. Vint ensuite une pause au Beauvallon Bay et je repris la barcasse du soir pour aller assurer le service de nuit.

Pour la dernière journée d’escale, je ne suis sorti que petitement, les fonds étant nettement en baisse. Néanmoins, je me rendis à Victoria pour me promener et apprécier les charmes exotiques de la ville. J’ai pu une fois de plus admirer ce pays. Pays qui après avoir été sous domination française passa sous le contrôle de l’Angleterre. A son indépendance il y a quelques années, faisant fi d’un passé récent, la population choisit comme langue nationale le créole. Un texte fut même placardé, appelant la population à écrire un texte pouvant servir d’hymne national. Ce beau pays n’entendait pas subir l’influence de tel ou tel grand de ce monde mais bien au contraire, choisir lui même sa voie dans la démocratie et l’indépendance nationale.

Retrouvant des amis motorisés, je suis retourné une dernière fois au Beauvallon Bay Hôtel pour profiter de la plage. J’avais quand même gardé suffisamment de roupies pour pouvoir me payer un dernier restaurant. Ce fut un petit établissement dans Victoria, où, les patrons sachant que nous levions l’ancre le lendemain, désiraient nous être agréables en nous servant ce qu’il y avait de meilleur pour une somme modique. Ce n’est que tard le soir que je rentrais à bord pour me reposer de toutes mes agapes et de toutes mes promenades.

Le lendemain, tout le monde étant à bord, c’est avec énormément de tristesse que je vis s’éloigner les côtes de ces îles paradisiaques. Nous étions en route pour le Kenya, qui à n’en point douter, serait sûrement une bien belle escale également.

Et voila ami lecteur tu sais tout oi presque sur mon passage aux Seychelles, iles paradisiaques s’il en est.

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