Tribunal de Viterbo (Italie) – 27 janvier 2006

Je vous ai parlé il y a quelques jours de l’affaire qui oppose Don Enrico, curé de son état, à Luigi Cascioli. Voici le compte rendu d’audience présenté par monsieur Cascioli :

Don Enrico ne s’est pas présenté à l’audience. L’avocat de Luigi Cascioli, Maître Fonzo Mauzo a présenté un réquisitoire destiné à étayer les élèments énoncés dans la plainte (usurpation d’identité sur la personne de christ et abus de crédulité populaire en vue d’enrichissiment). Pour ce faire, il s’est appuyé sur les nombreux exemples d’exégètes niant la figure historique de Jésus, citant entre autres Ernest Renan.

Maître Bruno Severo, avocat d’Enrico Righi, a ignoré l’ensemble des arguments destinés à nier l’existence de christ, déviant ainsi du chef d’accusation et soutenant que la responsabilité d’un faux historique ne peut pas incomber à Don Enrico Righi mais à ceux qui ont avant lui défendu cette affirmation.

Ce dernier élèment signifie que dans le cas où le christ n’aurait pas existé, ce sont les auteurs des textes sacrés qui mériteraient d’être condamnés et non Don Enrico qui s’est borné à répéter ce que d’autres ont écrit. Plus clairement, la personne qui vend le poison n’est nullement responsable de l’utilisation qui en est faite.

L’église tend donc à se décharger de sa responsabilité en rejetant la faute sur des personnes disparues depuis des siècles, et elle démontre là toute sa faiblesse. Sachant qu’il lui sera impossible de démontrer l’existence historique du christ, son seul but est de trouver les prétextes les plus vils pour faire échouer une accusation dont l’issue signifierait sa fin si elle se révélait favorable à l’accusation.

Après avoir écouté les deux parties, le juge Gaetano Mautone s’est donné le temps de la réflexion. Deux pistes s’offrent à lui :

  1. Se baser sur une compétence personnelle qui serait, en la matière, de la « christologie »
  2. Nommer un expert auprès du tribunal (un exégéte ?) qui établirait la viabilité des preuves avancées par l’accusation.

La loi sera-t-elle respectée ? Au vu des motifs abusifs précédemment invoqués pour justifier le classement au archives des éléments déjà avancés (voir le site anti-religions.org), y aura-t-il répétition de ces abus, d’autant que dorènavant l’affaire déborde le cadre simple de Viterbo[1], la presse internationale s’étant emparée du sujet[2].

Le tribunal de Viterbo devra tenir compte de cet état de fait et faire honneur à l’Italie, nation laïque et indépendante, au moins en ce qui concerne la justice. Reste toutefois à prouver que l’Italie n’en est pas réduite à un simple fief du Vatican.

NB : Merci à monsieur Cascioli de m’avoir permis de reproduire ses propos

Notes

[1] Il faut savoir qu’une affaire secoue l’Italie en ce moment, le vatican semblant un peu trop impliqué dans les affaires de l’Etat

[2] La presse italienne n’a fait aucun écho de ce procès

Tadpu

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