La cigarette électronique et le sevrage tabagique

Alimentation et Santé Hi-Tech

Il semblerait que la cigarette électronique et les produits de vapotage recueillent désormais les faveurs des autorités sanitaires dans plusieurs pays européens, notamment la France et le Royaume-Uni où de nombreux professionnels de la santé plaident désormais en faveur de plus d’innovation dans la lutte contre le tabagisme. Il faut dire que la communauté scientifique commence à disposer du recul nécessaire sur ces dispositifs d’aide au sevrage tabagique mis sur le marché il y a maintenant près de deux décennies.

Cigarette électronique : la France et le Royaume-Uni sur la même longueur d’onde

Les cigarettes électroniques (e-cigarettes) semblent reprendre leur place d’alternative moins novice à la cigarette à tabac. C’est en tout cas la position officielle de l’Académie française de médecine et de l’agence britannique de santé publique, cette dernière affirmant que l’e-cigarette est environ 95 % moins nocive que la cigarette conventionnelle. Des recherches récentes ont démontré l’intérêt du vapotage dégressif en nicotine dans le sevrage tabagique durable des fumeurs, quel que soit leur âge et leurs antécédents en matière de tabagisme. En France, l’Académie nationale de médecine explique que quelque 700 000 fumeurs ont pu décrocher grâce à la cigarette électronique… une performance que les autres substituts nicotiniques n’ont pas pu atteindre en trois décennies de commercialisation auprès du grand public avec un appui sans faille des professionnels de santé.

Tout en continuant à considérer l’arrêt complet de toute consommation de tabac et de nicotine comme la meilleure action que les fumeurs puissent entreprendre pour améliorer leur santé, les autorités sanitaires françaises et britanniques semblent pencher de plus en plus vers une approche du « moindre mal », dans la mesure où la cigarette électronique ne contient pas de tabac, épargnant donc au vapoteur des centaines de substances chimiques toxiques et cancérigènes qui résultent de la combustion du tabac (comme le monoxyde de carbone, le goudron, les métaux lourds, etc.).

Tabac vs. Cigarette électronique : comparaison des compositions chimiques

Les e-cigarettes sont des appareils à piles qui délivrent un aérosol (communément appelé « vape ») aux utilisateurs à partir d’un e-liquide de composition chimique connue, par opposition à un mélange très complexe comme la fumée de cigarette. Pour mieux encadrer la composition chimique des e-liquides et éviter le drame estival survenu au Texas et en Californie (pneumopathie « Evali » à cause d’e-liquides frelatés et contenant des produits illicites et dangereux), l’Agence française de la sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a mis au point une base de données accessible à tous qui énumère les composants de tous les e-liquides commercialisés dans l’Hexagone. Cet outil, mis à jour régulièrement, devrait aider les autorités et les utilisateurs à traquer les composants chimiques potentiellement toxiques pour orienter leur consommation vers les fabricants sûrs.

Les e-liquides contiennent généralement du glycérol et du propylène glycol dans des proportions variables à partir desquels l’aérosol est généré et peuvent contenir de la nicotine et divers arômes. En revanche, la fumée de tabac contiendrait plusieurs milliers de substances chimiques, y compris des constituants nocifs ou potentiellement nocifs associés au processus de combustion. De nombreuses substances toxiques contenues dans les produits du tabac ne sont pas présentes dans l’aérosol de cigarettes électroniques à des niveaux détectables ou sont à des niveaux équivalents aux tolérances autorisées dans les produits médicaux.

En outre, des recherches cliniques récemment publiées ont montré que les fumeurs qui sont passés aux e-cigarettes sont nettement moins exposés aux carcinogènes et aux substances toxiques que l’on retrouve dans la fumée de cigarette. Rappelons enfin que les fabricants des dispositifs de vapotage commencent à expérimenter de nouvelles approches pour aider les fumeurs à réussir leur sevrage tabagique, notamment avec le Machine Learning et l’Intelligence Artificielle (IA). Les dispositifs de vapotage les plus huppés s’adaptent progressivement aux habitudes de consommation de l’utilisateur et lui délivrent la concentration minimale de nicotine susceptible de satisfaire ses besoins, tout en maintenant une approche dégressive sur la durée pour favoriser l’arrêt dans les meilleurs délais en lissant les effets secondaires du sevrage.